‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 536 sur 639 · C. Couderc, op, cit., p · texte numérisé non relu

C. Couderc, op, cit., p

un cygne ; au duc de Bourgogne, un lion. Bientôt après les dames vinrent faire leur révérence ; des momeurs exécutèrent une basse morisque, et les chevaliers firent danser les dames jusqu'à minuit. Alors chacun s'en fut en son hôtel

Charles d'Orléans devait encore rester un mois environ à Paris.

Pendant ce temps le duc de Bourgogne, protecteur du nouveau roi, gagnait le cœur des Parisiens par ses largesses, ses nobles réceptions en son hôtel d'Artois, par ses belles chevauchées à travers la ville \ La moins notable ne fut pas celle qu'il accomplit pour se rendre aux joutes que le comte de Charolais, Adolf de Clèves, le Bâtard de Bourgogne et d'autres Bourguignons coururent devant la Bastille Saint- Antoine. Voyant devant l'hôtel d'Artois sa nièce, Madame d'Orléans, qui l'attendait, et que son propre cheval ne lui avait pas été amené, le duc de Bourgogne était monté galamment derrière elle ; et tous deux trottèrent sur la même monture à la grande joie des assistants. « Et véla un humain prince ! Véla un seigneur dont un monde seroit estoré de l'avoir tel ! Que benoit soit-il et tous ceux qui l'aiment ! Et que n'est tel nostre roy, et ainsi humain, qui ne se veste que d'une povre robe grise, mal chainte et mal fachonnée, à tout un meschant chapelet, et ne hait riens que joye ! »

Car, tandis que le duc d'Orléans, la duchesse, le duc de Bourgogne montés sur les hourds regardaient les jouteurs au au milieu de la joie générale, le roi Louis, caché à une fenêtre, derrière des dames, surveillait la fête assez tristement Après les joutes le duc de Bourgogne, dames, demoiselles, et

1. C. Couderc, op. cit., p. 46. — Chastellain a, lui aussi, donné un long récit de ce festin dé la table de marbre (t. IV, p. 85-87).

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