De Laborde, t. III, no
ment de l'argent, Louis engageait joyaux et vaisselle d'or \ hanaps et aiguières, tableaux d'or, reliquaires, images des saints, sa grande épée toute couverte d'or d'un travail vénitien, celle-là dont le pommeau était garni de perles et la bouterolle de saphirs, les belles chambres de tapisserie et les verdures \
Les chroniqueurs assurent que la querelle des ducs de Bourgogne et d'Orléans daterait seulement de la fin de l'année 1398, et aurait eu pour cause le désaccord des deux princes au sujet de la politique extérieure ; mais en réalité l'antipathie profonde de l'oncle et du neveu remontait beaucoup plus haut. Au conseil, où le jeune duc d'Orléans se montrait si disert, leurs discussions étaient fréquentes ; et il y a lieu de penser que la reine Isabeau fut sans doute pour beaucoup dans leur apparente retenue K
Mais dès 1401 les deux princes prenaient les armes l'un contre l'autre : Liégeois, Brabançons, Flamands remplissaient les rues voisines de l'hôtel de Bourgogne ; Bretons et Normands occupaient le quartier Saint-Antoine, où demeurait le duc d'Orléans +. Cette fois le pacifique duc de Berry s'entremit pour les apaiser, et les Parisiens en furent pour leur épouvante 5. L'année suivante le roi ayant, en l'absence du duc de Bourgogne retenu dans ses états pour le mariage de son fils Antoine, donné à son frère d'Orléans la charge de « souverain gouverneur des aides pour la guerre en Langue d oïl », ce dernier put lever une grosse taille ; mais il eut aussi l'idée malheureuse de contraindre les gens d'église à la