Bibl. Nat., fr. 5738, fol
VIE t)E CHARLES D^ORLEANS
A Amboize, de janvier le quart jour, Ou il fina ses jours en brief séjour : Et la la mort le contraignit d'ommaige. Duquel se fut grant perte et grant dommaige : Car il estoit prince et patron d'onneur, Saige, vaillant, leal, large d'onneur.
Si gist le corps encloux soubz ceste lame : Priez a Dieu qu'il en vueille avoir l'ame ^ !
I. Marie de Clèves fonda à Orléans un anniversaire pour son mari (Arch. du Loiret, A. 1083). Au mois de mars 1476, elle fit don aux écoliers de l'Université de Caen d'une maison, à charge de dire un obit tous les ans, le 4 janvier, pour Charles d'Orléans (Arch. nat., KK. 897, fol. 191) ; en 1477, aux frères mineurs de Blois, la duchesse donnait deux maisons rue Vasseleur et un Nicole de Lire, en trois beaux volumes, pour célébrer des messes à son intention (Ibid., fol. 187 v°). On voit donc que Marie de Clèves demeura fidèle à son souvenir. Que vaut, au sujet du mariage morganatique de Marie, le mot de Louis XI, rapporté par le caustique Giov. Pontano {De Senuoue, 1. III, ch. xviii) ? Quelles sont les sources de l'anecdote de Brantôme ?
Louis XII se montra toujours fort respectueux envers sa « très chère dame et mere » (Arch. nat., KK. 897, fol. 217J. Dans la chapelle d'Orléans, aux Célestins de Paris, il réunit les corps de ses parents. Au milieu Louis, Valentine, Charles, Philippe de Vertus, gisants de marbre très fin. (Louis Beurrier, Histoire du monastère et couvent des Pères Célestins de Paris... Paris, 1634, in-4, p. 284-346; J. Le Laboureur, Les lomheaux des Personnes Illustres, Paris, 1642, in fol., p. 1 1 et 12). Isabelle d'Orléans, enterrée à Saint-Sauveur de Blois, fut aussi transportée par Louis XII aux Célestins. Quant à Marie de Clèves, morte à Chauny en 1487, son corps avait été déposé aux Cordeliers de Blois et son cœur aux Célestins de Paris : Louis XII fit également rapporter son corps à Paris (p. 16-17).
Le tombeau des ducs d'Orléans, démembré à la Révolution, fut apporté par fragments, après 1816, à Saint- Denis et restitué plus tard par Viollet le Duc. Cette œuvre charmante, ir.ais sans valeur iconographique, avait été commandée par Louis XII à des artistes génois, en 1502. (A. Lenoir, Statistique monumentale de Paris, Paris, 1867, p. 177-178 et pl. VI ; Millin, Antiquités Nationales, Paris, 1790, in-4, 1. 1, p. 99 et pl. XII, fig. i ; Paul Vitry et Gaston Brière, L'église abbatiale de Saint-Denis et ses tombeaux, Paris, 1908, p. 141-143).