‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 556 sur 639 · Les Miracles de Wostre Dame · texte numérisé non relu

Les Miracles de Wostre Dame

dont le second couplet n'avait pas de refrain. Chez lui d'ailleurs nulle différence du rondeau à la chanson, sauf que cette dernière était destinée essentiellement au chant Mais Charles d'Orléans les dota de la musique qui leur manquait en réalité ; il leur fit ce présent d'une oreille juste et sensible, l'harmonie du vers. Et pour nous ces pièces courtes semblent de véritables romances. Elles jouirent, en leur temps, d'un succès considérable et furent très imitées ^ Ainsi Blois devint au xv^ siècle l'école des petits vers ^.

Plus que par la forme habituelle de ses compositions, nous connaîtrons par leur fond le changement survenu dans la pensée du duc.

Comme il l'a déjà fait, en bon acte notarié, Charles d'Orléans nous déclare une fois de plus renoncer à l'amour^. Les femmes sont incomparables pour jouer des tours 5. De tant de peines on est payé d'un doux regard : un vieux renard comme lui le sait bien ^. L'important en ce monde, n'est-ce pas d'avoir la paix, même au prix d'un mensonge 7? Dorénavant pense à toi-même : regarde, écoute et parle peu^ Etre en paix, c'est là l'essentiel. Voici seulement un dilemme terrible :

C'est grant paine que de vivre en ce monde Encores est ce plus paine de mourir ! 9

Assez, assez de folies : restons tranquille Mais Ennui et Souci ne vont pas tarder à paraître, ces deux compagnons, fidèles et importuns, du poète. La Saint-

1 . Voir l'étude très complète de G. Raynaud, Rondeaux et autres poésies du xve siècle, p. XXXV et suiv.

2. Voir en particulier le ms. du British Muséum, Lansdowne 380 et les mss, de la Bibl. Nat., fr. 1719 et 9223.

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