‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 557 sur 639 · Voir plus bas · texte numérisé non relu

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4. Poésies, p. 102. — 5. P. 257. — 6. P. 263. — 7. P. 255. — 8. P 256. — 9. P. 259. — 10. P. 272..

Valentin qui tomba le jour des Cendres (1453) ' ne lui apporta que souci et pénitence par surcroît. Charles philosophait sur la fin des choses à propos de son chien Briquet qui sera un jour « viande à corneilles » \ duand parut le mois de mai, il se dépeint encore tout vêtu de noir. Il s'ennuyait certes 5 : Mélancolie le tenait accablé; Souci lui livrait un dur assaut 4. Que lui importe le printemps qui vient :

Se demourray quoy En ma vieille peau 5 !

Charles s'écriera avec dédain :

Le monde est ennuyé de moy, Et moy, pareillement de lui ^.

Il ne saurait plus maintenant goûter d'autre distraction que de s'enfermer avec sa pensée \ Déjà il parle de sa vieillesse, jouet de la Fortune, comme le fut jadis sa jeunesse ^ ; il se disait vieux et chenu comme un chat 9, trop vieux certes pour aller à la Saint Valentin *° et au mai '^

Il rafiînait comme un homme ennuyé et, pour se distraire, correspondait avec Fradet '\ Charles s'était représenté chassant en la forêt de Pensée ; on transforma cette figure en la forêt de Longue attente ; et tous deux rivalisaient de subtilité sur ce précieux sujet

Cette caducité était-elle si réelle ? Certes, Charles allait sur la soixantaine : mais que de verve et de vie lui demeurent. Comme il sait rire des mélancoliques qui lisent les Faits de Troylus ! Si tout change en ce monde, il connaît bien le sage proverbe '7 ;

Jeu qui trop dure ne vault rien.

I. Poésies, p. 265 — 2. P. 270. — 3. P. 281. — 4. P. 283. — 5. P. 284. — I 6. P. 287. — 7. P. 299. — 8. P. 308-309. — 9. P. 309. — 10. P. 305. — II. P. 286. — 12. P. 323. — 13. P. 295. — 14. P. 321, 322, 323. — 15. P. 325-326. — 16. P. 300. — 17. P. 302.

Ce n'est pas que le poète fasse grand cas d'Espérance ' :

D'Espoir, et que vous en diroye ?

C'est un beau bailleur de paroUes.

Il ne parle qu'en parabolles, Dont ung grant livre j'escriroye :

En le lisant, je me riroye, Tant auroit de choses frivolles !

Pour cela il est trop fortement combattu par Mélancolie^ : s'il parle, cest pour réconforter son pauvre cœur '.

En fait, il lui parla si abondamment que l'on dut dans son propre manuscrit transcrire, en ce temps-là, ses compositions dans la marge supérieure, réservée vraisemblablement à la musique des chansons

Il convient de noter, dès à présent, un sentiment assez nouveau dans la pensée de Charles d'Orléans : ce besoin de réalités qui s'accentua dans une œuvre évoluant de plus en plus de l'allégorie vers la vérité. Le poète rit de luimême > :

Sans ce le demourant n'est rien.

Qu'esse ? je le vous ay a dire.

N'enquerez plus. Il doit suffire :

C'est conseil" que très segret tien.

Pourtant n'y entendez que bien, Autrement je ne le désire.

Sans ce le demourant n'est rien... S'ainsi m'esbas ou penser mien.

Et mainte chose faiz escripre En mon cueur, pour le faire rire, Tout ung est mon fait et le sien :

Sans ce le demourant n'est rien...

Charles raillait aussi les hypocrites de l'amour^ ; il disait plaisamment" :

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