Poésies, p
En la vigne jusqu'au peschier Estes bouté, mon filz très chier, Dont, par ma foy, suis très joyeux Quant de rimer vous voy songneux...
Il demeure indubitable qu'Alençon rimait ; au procès de 1458, un de ses serviteurs vint dire qu'il faisait ballades et rondeaux, et qu'il avait commencé d'écrire certain « livre de la beste », qu'il définit « un livre de farces et de moralités » ^ Mais il est certain que nous ne pouvons plus entendre les allusions de ce jeu parti. Tout au plus saurait-on dire que Jean d'Alençon s'adonnait à l'ivrognerie^; ce qui ne surprendra pus de la part de ce personnage, si peu sensé, et que nous savions déjà débauché.
Une mention spéciale doit être faite de Jean, comte de Clermont ÇClermoudois comme on l'appelait familièrement), né en 1427, et qui devint duc de Bourbon (J^ourhon) en 1456 \ Ce fut l'un des collaborateurs les plus actifs du duc Charles. Il n'y a guère lieu de s'en étonner. Marie, la fille très lettrée du duc Jean de Berry, avait épousé le grand'père de Clermondois, Jean de Bourbon, et hérité de son père 41 manuscrits qui enrichirent la bibliothèque de Moulins; parmi eux on remarquait des manuscrits poétiques, les œuvres de Christine de Pisan entre autres 4. Charles d'Orléans aimait à plaisanter ce bon jeune homme, si souvent l'hôte de sa maison. Ainsi il avait dit son affection pour ce