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5. Poésies^ p. 149. — Note surlefeuilletdegardedums.de la Bibl. de l'Arsenal, n° 3457 : « La balade de Charles duc d'Orléans à son cousin Jean duc de Bourbon, qui lui avoit envoyé des lapins, est la 102 du manuscrit. Je l'ai marqué d'un bout de papier. Ce duc de Bourbon étant mort l'an 1434, il est surprenant que Charles, qui n'auroit eu alors que 43 ans, ait pu, lors qu'il a écrit cette balade, se plaindre de son peu de vigueur. Voyez, à la suite de la balade 75, la copie de la quittance que lui donne le Dieu d'Amour en 1437. J'attens le tome des Colloques de table de Luther, et suis. Monsieur, avec une extrême reconnaissance, votre très humble et très obéissant serviteur. 31 janvier 1715. De la Monnoye. »
INTRODUCTION
jugement de l'abbé est celui d'un honnête homme, encore que l'âpreté et l'art douloureux d'un Villon nous touchent aujourd'hui bien davantage.
Quelle époque fut mieux faite pour comprendre l'art d'un Charles d'Orléans que notre xviii^ siècle français ? La vie de Blois ne semble-t-elle pas revivre en ce temps-là à la cour de Lunéville ' ? Aussi chacun s'en occupait avec ardeur. L'abbé Goujet, au t. IX de sa Bibliothèque Françoise^, consacrait à Charles une notice judicieuse et citait d'assez nombreux extraits de ses poèmes. La Curne de Sainte-Palaye faisait copier et annotait le beau manuscrit de la Bibliothèques. Des amateurs avaient recueilli les œuvres de Charles dans leurs cabinets : M. de Paulmy et le duc de Lavallière. C'est de la bibliothèque de ce dernier que provient le ms. fr. 25458, l'exemplaire original des poésies de Charles d'Orléans, en partie autographe 4.
La première édition du poète ne devait cependant être donnée qu'en 1803 par Chalvet 5, sur l'exemplaire de la traduction d'Antonio d'Asti, venu on ne sait comment à Grenoble 6. Encore Chalvet eut-il communication du travail de Michel Morlon, de Grenoble, religieux conventuel de Saint-François, qui avait copié et annoté en entier les poésies de Charles d'Orléans pour « faire plaisir à son confrère et son ami le père Ducros ». C'est Ducros qui communiqua à Chalvet le travail de Morlon 7 : Chalvet le présenta au public comme un choix des poésies, fait par l'Astesan, dans l'ordre que leur avait donné l'auteur, et suivant une division en sept livres».
On doit à Aimé Champollion-Figeac, de la Bibliothèque Royale, une édition plus complète des poésies (1842)9. La même année vit paraître celle
1. Gaston Maugras, La cour de Lunéville; Taine, Histoire de la littérature anglaise, 12" éd., t. I, p. 85.
2. Bibliothèque Françoise ou histoire de la littérature Françoise, t. IX, Paris, 1745, in- 12 p. 230-287.
3. Bibl. de l'Arsenal, ms. 3294. Cf. Bibl. nat., Moreau, 1558, fol. 19. (Glossaire des poésies fait sur le ms. fr. 1104.)
4. Catalogue des livres de la bibliothèque du duc de la Vallicre, partie, De Bure^ 1783» 3 vol. in-8.
5. Poésies de Charles d'Orléans, père de Louis XII et oncle de François Rois de France. A Grenoble, chez J. L. A. Giroud, M.D.CCC. III.
6. Ms. 873, aux armes de Charles d'Orléans : ce ms. fut relié en 1463 (De Laborde, III, n° 7026), Aux fol. 18 et 54 on rencontre la signature de Symon Cailleau, écuyer, de la famille noble des Caillau de Picardie, un parent deThibaud, écuyer d'écurie de Charles en la seigneurie d'Asti : or, en i$oo, Asti relevait du Parlement de Grenoble. En 1607, ce ms. appartenait à Claude d'Expilly, le célèbre avocat de ce Parlement, plus tard à Chalvet dont la bibliothèque fut acquise par la ville de Grenoble (Cf. Catalogue général des bibliothèques publiques de France, t. vii^ par P. Fournier, E. Maignien et A. Prudhomme, p. 264- 266).