Juvénal des Ursins, p
VIE DE CHARLES dWlÉANS
bandés allèrent donc piller Saint-Cloud Les Parisiens s'en vengèrent comme ils purent.
On accusait alors de tout le mal le comte d'Armagnac, tenu pour un homme très cruel et un tyran sans pitié : ceux que l'on put attraper de sa bande, on les tua comme des chiens. Et si quelqu'un était meurtri à Paris, il suffisait de dire pour n'être pas poursuivi : « C'est un. Armagnac M »
Un froid très vif, la famine amenèrent seulement les partis à traiter. Le 2 novembre 14 10 une convention était signée à Bicêtre % où se tenaient les ducs de Berry et d'Orléans : les seigneurs du sang royal devaient s'en retourner en leurs terres et, jusqu'à Pâques 1412, ne procéder de voie de fait ; le prévôt des Essarts serait débouté de son office ; le duc de Bourgogne quitterait Paris.
Ainsi les gens de guerre retournèrent d'où ils étaient venus, mangeant le pauvre peuple : Lombards et Gascons du duc d'Orléans, dont les chevaux tournaient au galop ; Picards, Flamands et Brabançons du duc de Bourgogne 4. Quant aux ducs ils partirent, le 8 novembre 1410, suivis des malédictions du populaire \
Naturellement, pour subvenir à ces gros frais, Charles d'Orléans engagea ses joyaux d'or et ses pierreries : à Guillaume Sizain, auditeur des comptes, les chapeaux d'or, chargés d'orfèvreries d'antique ou de nouvelle façon, un camail orné de grosses perles et d'un très gros diamant, des colliers ^ ; à sire