VALEUR PERSONNELLE DES HOMMES
mandant point de renoncer aux penchants de la nature, mais de les bien diriger ; ne conduisant point au dévoûment, mais à l’honnêteté ; préparant à être utile aux autres en se servant soi-même ; propre de tous points à former un homme et à le faire marcher avec droiture et succès dans les voies ardues et laborieuses de la vie; cette classification, dit M. Mignet, n’avait rien d’arbitraire pour Francklin. Elle lui fut singulièrement utile. Lorsqu’il avait manqué à l’un des préceptes, il faisait une petite croix sur son livret et s’efforçait de se corriger. Nul n'est parfait en ce monde. 11 raconte luimême qu’il commit surtout quatre errata, qu’il répara du mieux qu’il le put. Sa vie est un modèle de travail, de probité et de réussite. La méthode d’examen que le grand législateur des États-Unis avait imposée à sa conduite, nous la retrouvons, sous diverses formes, dans la vie des savants profonds, dont toutes les actions importantes sont dues à de longues réflexions. Cette conduite de l’âme, tout homme qui veut mériter de s’estimer soi-même et d’être estimé d’autrui doit la mettre en pratique, pour juger ses propres œuvres et améliorer sa situation intellectuelle et matérielle.
L’une des qualités qui servent le plus au bonheur, et que l’on doit s’efforcer de posséder, est certainement celle que Francklin résumait par son xn précepte : « Tranquillité : — Ne vous laissez pas émouvoir par des bagatelles ou par des accidents ordinaires et inévitables » — 11 y a des gens qui sont toujours malheureux parce qu’ils ne savent pas être tranquilles, scrlacassent de tout, voient les choses en noir, pensent à leurs voi-