‹ Vie de Copernic et histoire de la découverte du système du mondeChapitre 12 sur 68 · VALEUR PERSONNELLE DES HOMMES · texte numérisé non relu

VALEUR PERSONNELLE DES HOMMES

sins au lieu de penser à eux, et en disent toujours plus de mal que de bien, les petites médisances donnant un certain sel aux conversations mal fournies. Les trois quarts du genre hunïêtin sont malheureux, parce qu’ils ne savent pas s'imposer cette qualité. Copernic nous offre l'un des plus grands exemples de la pratique de cette maxime. L’envie s'essaya inutilement à le mordre, comme le serpent à la lime ; les ennemis de son repos, les chevaliers tcutoniques dont il divulguait les rapacités, l’ont attaqué sans parvenir a lui être désagréables ; les savants de son époque, dont il démolissait l’enseignement, n’ont pas troublé sa quiétude, parce qu’il opérait son œuvre de destruction avec douceur. Bien des théologiens auraient pu s’effaroucher de sa tendance à remplacer le système de Ptolémée et des Pères de l’Église par une théorie diamétralement contraire, et lui préparer une vieillesse tourmentée : il mourut tranquille dans son lit, lui le plus grand des révolutionnaires, parce que dans son espérance convaincue de voir la vérité s’imposer d'elle-même, il ne chercha même pas à la montrer à ceux qui avaient des raisons pour fermer les yeux et la contester.

11 n’est pas jusqu’au bonheur qui ne puisse devenir une affaire d’habitude. On peut, en effet, s’accoutumer à voir tout en beau, comme on peut s’accoutumer à voir tout en laid. Le docteur Johnson a été jusqu’à dire, à ce propos, que l'habitude de voir les choses par leur beau côté vaut mieux pour un homme que vingt-cînq mille francs de rente. Or, comme nous possédons à un très-haut degré le pouvoir d’exercer notre volonté,

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