Figuier, Vie des Savants illustres, KoperniK
l’ordre teutonique.
blié en français par M. Wolowski, membre de l’Institut.
Tout en rendant des services à son pays, en donnant ses soins aux malades et en remplissant pieusement les devoirs de son ministère, le chanoine de Frauenbourg consacrait avec prédilection la meilleure partie de son temps à ses recherches astronomiques. Comme nous le verrons dans le chapitre suivant, ces recherches ne tardèrent pas à le convaincre que 1 hypothèse de l’immobilité de la Terre n était pas conforme au système de la nature, et quoiqu’il ne fit rien pour la publier, sa préférence en faveur du mouvement de la Terre ne larda pas à être connue de ses amis — et de ses envieux. Bientôt, tout le monde sut qu’un astronome polonais avait consacré une partie de sa vie à prouver le mouvement de notre planète. Les uns, et c’était le nombre le moins considérable, attendaient la démonstration et les preuves. D'autres riaient et prenaient en pitié le visionnaire qui employait son temps à une conception aussi bizarre qu’invraisemblable.
C’était aussi une bonne fortune pour les moines de l’ordre teutonique. Ils n’avaient pas pardonné à Copernic leurs mécomptes, et résolurent de se venger de la manière la plus méprisable sur l’homme qui s’était permis de défendre sa propriété et les biens de l'Église. Ils payèrent des histrions et des comédiens ambulants en les chargeant de le parodier et de le tourner en ridicule. 11 était facile d’amuser le public en exagérant et brodantsur une conception nouvelle, contraire à l’apparence et aux idées reçues. La foule accourait pour rire et applaudir. Les baladins faisaient de bonnes recettes