‹ Vie de Copernic et histoire de la découverte du système du mondeChapitre 29 sur 68 · RÉFORME DU CALENDRIER · texte numérisé non relu

RÉFORME DU CALENDRIER

jours incertaine et variable, comme rapportéeaux points équinoxiaux qui ont été démontrés mobiles. Il préféra, en conséquence, prendre pour mesure le retour du soleil à une môme étoile, comme à un point fixe. Cette méthode avait été déjà suivie par les Chaldéens, et fut encore rappelée à la fin du neuvième siècle par Thébith, astronome arabe. Copernic, dirigé par cet exemple, remonta aux observations les plus reculées, et les combinantavec lessiennes,ilen déduisit la longueur de l’année, qui se trouve aujourd'hui de 28 secondes trop grande.

La vie de l'astronome polonais se partageait donc entre les travaux du ministère, les soins réclamés par les malades, l'étude des sciences et les observations astronomiques.

Ses observations astronomiques portèrent surtout sur la position des étoiles fixes, comparée à celle qui avait été déterminée par les astronomes anciens, et sur la marche des planètes sur leurs orbites encore indéterminées. Ces observations étaient fort difficiles à faire exactement, les lunettes n’étant pas encore inventées, et les cercles et règles de bois, de cuivre ou de fer étant trop grossièrement construits pour, mesurer de. trèspetits angles.

Connaissant la vie publique de l’homme, il est intéressant pour nous de pénétrer un instant, non pas précisément dans sa vie privée, car la vie intime de tout individu, considérée en elle-même, ne peut être comprise et jugée que par lui seul et par Dieu, mais dans son intérieur, dans son habitation, dans ses habitudes, telles que nous pouvons encore les retrouver,

POHTHAIT DE COPEP.N1C.

et voir personnellement l’homme bienveillant et laborieux dont le nom devait s'illustrer à jamais dans l’auréole de la postérité.

• La figure de Copernic exprimait la -bonté et la con lemplation. Ses joues colorées dénotaient la paix intérieure et la tranquillité de la conscience. Ses yeux, beaux et vifs, s'animaient selon les impressions de son àme. Ses cheveux tombaient en boucles sur ses épaules, et sa taille était celle d’un homme fort et vigoureux. Nicodème Frischlinus, en voyant son portrait d’une parfaite ressemblance, a fait les vers suivants :

Quem cernis, vivo retinet Copernicus orc,

Cui decus eximium, formæ par fecil imago;

Os rubeum, pulcrique oculi, pulcrique capilli,

Cultaque Apcllæas imitantia membra figuras,

Ilium scrutant! similcm, similcmquc docenti,

Aspiceres, qualis fuerat,. cum sidéra jussit,

Et cœlum constarc loco, Terramque rotari Finxit, et in medio mundi Titana locavit.

« Voilà le portrait de Copernic, qui rend parfaitement la rare beauté de sa figure. Ses joues colorées, ses beaux yeux, sa belle chevelure et ses membres bien proportionnés rappellent les .peintures d’Apelles. Livré aux recherches et à la méditation, il semble commander aux astres, arrêter le firmament, faire mouvoir la Terre et placer le Soleil au centre de l’univers. »

En parlant du portrait de Copernic, nous ne pouvons passer sous silence l’impression que son image produisit surl’illustreTycho-Brahé. L’astronome danois oublie que Copernic était son rival, que leurs opinions différaient,

l’ouvrage de copernic. 77

qu’il élaiHoin d’admettre le mouvement de notre planète ; son admiration pour l’homme de génie l’emporte sur toute autre considération ; il place le portrait du grand homme dans la pièce principale de son observa toire en y ajoutant une inscription poétique dans laquelle il rend hommage à l’homme qui arrêta le Soleil, qui lança la Terre dans l’espace, et qui rendit le cours des corps célestes plus régulier et plus facile. Cette poésie de Tycho-Brahé ainsi que celle que nous avons déjà reproduite plus haut, nous font croire que'si Tycho n’a pas admis le mouvement de la Terre, il est possible que la crainte des persécutions ait imposé silence à son intime conviction.

. 11 serait difficile d’expliquerautrementle contraste de ses opinions personnelles avec son enthousiasme pour son adversaire, surtout quand on se rappelle' que ses poétiques inspirations n’ont été connues qu’aprôs la mort de leur auteur, alors seulement que l’homme, dégagé des influences terrestres, n’a plus rien à redouter de l’injustice de ce monde. Dans cette pièce, Tycho- Brahé exprimait la supériorité de Copernic sur les géants, qui ont déclaré la guerre à Jupiter. D’un seul coup de foudre, le Dieu de l’Olympe renverse leurs efforts insensés, tandis que Copernic lance la Terre avec ses montagnes et scs mers au milieu du tourbillon de l’univers, sans exciter le courroux de l’Éternel. Jupiter a dû repousser les projets téméraires des géants, qui voulaient régner par la force, et a dû se montrer favorable à l’homme qui n’avait d’autres armes que son génie. ,

PORTRAIT de copernic

Le plus ancien portrait de Copernic que nous ayons est celui qui est peint sur l’un des médaillons de la fameuse horloge astronomique de Strasbourg , cette chère capitale de notre belle Alsace, qui faillit tomber naguère en ruines sous les obus des vandales modernes. Cette horloge planétaire a été construite trente ans seulement après la mort de Copernic, et elle représente le mouvement de translation annuel de la Terre (365 jours 5 h. 48 m. 48 s.) selon les calculs de cette époque, et celui de chaque planète autour du Soleil central. La tourelle aux poids, dont la coupole est surmontée du coq, a conservé plusieurs peintures provenant de l’ancienne horloge. La première en descendant représente Uranie, celle des neuf Muses qui préside à l’astronomie. La seconde est le colosse allégorique des quatre monarchies mentionné dans le chapitre vu du prophète Daniel ; il est représenté sous la figure d’un guerrier portant un sceptre.

C'est dans la troisième peinture que l’on voit le portrait de Nicolas Copernic, auquel plusieurs auteurs ont attribué la construction de l’horloge du seizième siècle, quoiquenotre célèbre astronome n’ait jamais été àSlrasbourg, et que cette œuvre ait été commencée trente ans après sa mort.

Ce planétaire de la cathédrale de Strasbourg représente le système du monde tel qu’il a été expliqué par Copernic. Le mécanisme ingénieux placé dans leglise et exposé à 'la vue du peuple explique clairement quelle était la pensée de ses fondateurs. Mais pour que personne ne pût en douter, on y plaça le portrait de

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