‹ Vie de Copernic et histoire de la découverte du système du mondeChapitre 30 sur 68 · A STRASBOURG · texte numérisé non relu

A STRASBOURG

Copernic avec cetle inscription : Nicolai Copenüci vera effigies, ex ipsius autographo depicta. Le portrait et cette inscription ont été religieusement conservés jusqu’aujourd’hui. Tout homme studieux qui visite Strasbourg et sa cathédrale peut contempler à la fois et le planétaire renouvelépar Schwilgué,et les traits dugrand astronome qui a inspiré la construction de cet ingénieux mécanisme.

L’époque à laquelle a eu lieu l’exécution de' ce planétaire est digne d’attention : C’ était au moment où la congrégation condamnait Galilée et quand l’Ilalie tout entière rejetait l'interprétation de Copernic. 11 était défendu dans les écoles catholiques d’enseigner sa théorie. L’Université de Strasbourg résolut de protester contre cet abus de pouvoir, en mettant sous les yeux du public le mécanisme qui démontrait la symétrie parfaite et l’harmonie du monde sidéral, avec le portrait et Je nom de celui qui en a donné la révélation.

Avant de faire graver le portrait de Copernic dans sa biographie de l’immortel astronome, Gassendi prit soin de le comparer avec celui de la cathédrale de Strasbourg. Celui-ci était donc dès cetle époque considéré comme authentique.

Maintenant que nous avons fait une connaissance aussi approchée que. possible de l’homme auquel on doit la découverte du véritable système du monde, nous pouvons pénétrer un instant dans son intérieur et assister à ses occupations.

Le chanoine de Warmie habitait un logement commode. Son mobilier était modeste, en rapport avec les

MAISON DE COPERNIC

travaux de celui qui se dévoue entièrement à l’étude. Il avait un laboratoire dans lequel il préparait les médicaments pour les malades pauvres. Ses instruments astronomiques peu compliqués furent faits de sa propre main. Peintre habile, il a conservé les traces de tout ce qui a frappé son imagination pendant son voyage en Italie. Nous avons déjà vu qu’il était arrivé à faire les portraits avec une grande ressemblance, et nous avons pu en juger par la joie qu’éprouva Tycho-Brahé en recevant l’image de Copernic faite par lui-raôme. On voit encore par ses biographes qu’il avait l’habitude de se lever de bonne heure, bien qu’il travaillât pendant la nuit. L’évêque Gisius assure qu’il était versé dans toutes les sciences, et ajoute que dans l’art de guérir il était si heureux et si habile qu'on le prenait pour un nouvel Esculape. Il préparait certains médicaments avec tant de soin et de bonheur, et les appliquait si heureusement, que les pauvres soulagés par scs soins le vénéraient comme une divine providence.

Il n’avait pas l’ambition de publier ses travaux ; convaincu que les produits scientifiques des hommes occupés de sérieuses études* sont sujets à la critique de détracteurs ignorants et envieux, il ne voulait pas exposer à leurs morsures les vérités qu’il avait découvertes. Mais il n’en agissait pas de même à l’égard des hommes dont il estimait le jugement. II leur communiquait sesmanuscrits, répondait volontiers aux demandes qu’il recevait, ne refusait pas des explications, réfutait les objections, donnait des conseils, selon le caractère et les désirs de ses correspondants. Jean Brosius pos-

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