Copernic, éd. de 1617, p
lieu de faire tourner le Soleil avec tout ce cortège autour de la Terre, il est plus simple de supposer celle-ci entre Vénus et Mars et de lui donner le mouvement de translation annuel.
Il ne semble pas que l’illustre astronome ait trouvé le mouvement annuel décrit avec autant de précision que le mouvement diurne, car le passage cité plus haut de Plutarque sur Philolaüs n est pas bien clair. Les fragments qui précèdent forment tout le contingent cité par Copernic (1). On peut trouver d’autres docu- ‘
1. Les passages épars qui dans l’ouvrage de Copernic ont trait aux systèmes du monde antérieurs à Hipparque sont, en dehors de la dédicace : L. I, c. V et X-; L. V, c. i et ni ,p. 3 b, 7 b, 8 b, 133 b, 141, 179 et 181 b, édit, princeps). Partout Copernic* montre de la prédilection en faveur des Pythagoriciens et une connaissance précise de leurs doctrines, ou, pour m’exprimer avec plus de circonspection, des idées attribuées aux plus anciens d’entre eux. Il connaît, par exemple, ainsi que le prouve le début de la dédicace, la lettre de Lysis à Hipparque, qui témoigne du goût que l’ancienne école italique avait pour le mystère, et du soin qu’elle mettait à cacher ses opinions à tous ceux qui n’étaient pas ses ainis, comme ce fut aussi dans le principe le projet de Copernic. L’àçe de Lysis est assez incertain ; tantôt il est cité comme un disciple immédiat de Pvthagore, tantôt et cela est plus vraisemblable, comme un maître d’Epaminondas. Voy. Bœckh, Philolaüs, p 8-15. La lettre de Lysis à Hipparque, ancien pythagoricien, qui avait divulgué les secrets de l’association, a été, comme beaucoup d’écrits du môme genre, faite après coup par un faussaire. Copernic en a sans doute pris connaissance dans la collection d’Aldc Manucc, Episiolæ dire) zorurn plulosuphorum, Bomæ , 1494, ou dans une traduction latine du cardinal Bessarion (Venise, 1516). Le décret célèbre de la « Congrcgazionc dtll’Jndice » du 15 mars 1616, qui lance l’interdit contre le livre de Copernic, de, Rcvolulionibus , désigne le nouveau système par les termes suivants : « Folsi ilia doclrina Fythagoiica divinæ Scripluræ ornniiw adversans. » Le passage important sur Aristarquc de Samos fait partie de l’Arenarius
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ments en fouillant un peu l’antiquité. Le chanoine de Thorn n’a-t-il connu que ceux qu'il a signalés? Cest une question impossible à résoudre. Dans tous les cas l’histoire des conjectures sur le véritable système du monde est assez intéressante pour que nous produisions ici tout ce que des recherches patientes peuvent nous fournir sur ce point.
Feuilletons d’abord le livre de Ptolémée lui-même, que sans contredit Copernic a dû lire, et qui réfute par toutes les raisons imaginables L’hypothèse du double mouvement de la Terre.
Voici l’argument qui lui paraît le plus propre à combattre l’idée d’un mouvement de translation. « 11 n’y a, dit-il, ni dessus ni dessous dans le monde, comme il convient à une sphère. Quant aux corps qu’il renferme, ceux qui sont subtils et légers sont poussés par leur nature au dehors et vont gagner la circonférence : ils nous paraissent se porter en haut , parce que c’est ainsi que nous appelons Despace qui est au-dessus de notre tête jusqu’à la surface qui paraît nous envelopper. Les corps lourds et composés d’éléments pesants se dirigent, au contraire vers le .milieu, comme vers un centre : ils
(p. 449 de l’édition d’Arcbimède, publiée à Paris en 1615, par David Rivaltus). L’édition princeps du même auteur a paru à Bâle en 1544 II est dit très-expressément dans Y Arenarius que « Aristarque a contredit les philosophes qui se représentent la Terre comme immobile au milieu du monde ; c’est le Soleil qui marque le point central ; il est immobile comme les autres étoiles, tandis que la Terre tourne autour de lui. » Aristarque est nommé deux fois dans l’Ouvrage de Copernic (p. 69 b et 79), sans rien qui ait trait à son système.