‹ Vie de Copernic et histoire de la découverte du système du mondeChapitre 49 sur 68 · Vitruvius, de Architcctura, Lib. IX, cap. iv · texte numérisé non relu

Vitruvius, de Architcctura, Lib. IX, cap. iv

cette théorie du mouvement de la Terre est restée latente, dominée par la théorie de l’immobilité, devenue classique et officielle. Toutefois nous la voyons apparaître par .intervalles, ordinairement pour être critiquée, parfois pour être défendue. Au commencement du iv e siècle, Lactance traite littéralement et crûment « d’imbéciles » ceux qui supposent que la Terre peut tourner, qu’elle est ronde, qu’il y a des antipodes, et qu’on marche tout autour d’elle sans tomber (1). Bède le Vénérable renchérit sur ces diatribes au vn e siècle (2). Les Pères de l’Église s’accordent tous pour établir la théologie physique chrétienne sur le système de Ptolémée et défendre d’y toucher. Cependant, nous venons de le dire, la lueur de la vérité n’était pas éteinte et reparaissait de temps en temps. Dans l’un des livres fondamentaux de la Kabbale hébraïque, le Zohar, écrit sans doute vers le ni* siècle de notre ère, et incontestablement avant la fin du xm e , on remarque entre autres le passage suivant : « La Terre tourne sur elle-même en forme de cercle. Les uns sont en haut, les autres en bas. Toutes les créatures changent d’aspect suivant l’air de chaque lieu en gardânt pourtant la même position. Telle contrée de la Terre est éclairée tandis que les autres sont dans les ténèbres (3). » On croirait, dit M. Franck, de l’Institut, ce passage écrit par quelque disciple de Copernic, si l’on n’était obligé, même en lui refusant toute authen-

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