LE ÇARDINAL DE CUSA
ticité, de le faire remonter au moins au xnie siècle.
Enfin, cent ans avant la publication du travail de Copernic, en 1444, le cardinal Nicolas de Cusa, dans sa grande encyclopédie théologique et scientifique, avait également remis en honneur l’idée du mouvement de la Terre, celle de la non-incorruptibilité des cieux, et du mouvement général du Soleilet des étoilesdans l’infini. « 11 nous est manifeste que la Terre se meut, dit-il, quoique ce phénomène ne soit pas immédiat pour nos sens, parce que'nous ne pouvons juger du mouvement que par la comparaison avec ce qui est fixe ; de même que celui qui vogue au milieu d’une barque qui coule avec calme le long d’un fleuve ne peut reconnaître son mouvement que par celui de la rive. C’est ainsi que le mouvement du soleil et des étoiles est le seul qui nous donne témoignage du nôtre... Il peut y avoir plusieurs mondes habités. La Terre est plus petite que le Soleil et plus grande que la Lune, comme le prouvent les observations des éclipses. Elle est plus grande que Mercure (1)... »
C’est ainsi que depuis l’antiquité jusqu’au siècle de Copernic le système de l’immobilité de la Terre avait été mis en doute par de clairvoyants esprits, et celui du mouvement de la Terre proposé sous différentes formes. Toutes ces tentatives devaient laisser à Copernic la gloire de l’établir définitivement.
1. de doctd iqnoranüâ. — Voy. notre ouvrage Les Mondes imaginaires et les Mondes réels. 10° édit. p. 275.