‹ Vie de Copernic et histoire de la découverte du système du mondeChapitre 64 sur 68 · BACON. — NEWTON · texte numérisé non relu

BACON. — NEWTON

d’une étoile fixe, que Galilée put observer deux fois.

Les successeurs immédiats de Bacon et de Galilée bouleversèrent toute la nature par des faits nouveaux et surprenants, auxquels se mêla un peu de cet amour du merveilleux, qui doit être considéré comme un reste du siècle de la magie et de l'alchimie, mais qui, bien réglé, est l’aiguillon le plus puissant et le plus utile pour exciter aux recherches expérimentales. Boyle, surtout, parut animé d’une ardeur qui le poussa d’expérience en expérience, sans lui laisser un instant de repos. Hooke, de son coté, Ilooke, le contemporain et presque le rival de Newton, embrassa une série de recherches encore plus étendue. Les faits se multipliant de plus en plus, les lois commençaient à surgir, et les généralisations à se développer. La marche des découvertes fut si rapide, le triomphe de la philosophie inductive si éclatant, qu’il suffit d’une génération et des travaux d’un - seul homme pour établir le système du monde sur une base inébranlable.

A travers ses vagues, ses bizarres spéculations sur les causes des mouvements dont il avait si bien et si laborieusement déduit les lois, Képler avait entrevu que celle de l’inertie de la matière s’applique aux grandes masses que renferme le Ciel, comme à celles qui couvrent la Terre: Galilée, de son côté, avait, par sa puissante argumentation, parle ridicule dont il les couvrait, donné le coup de grice aux dogmes d’Aristote qui avaient élevé une barrière entre les lois du mouvement céleste et celles du mouvement terrestre. Il avait aussi contribué, par ses recherches sur celles qui ré-

gissent la chute des corps, la marche des projectiles, à jeter les bases d’un véritable système de dynamique, à l’aide duquel on peut déterminer les mouvements d’après les forces qui les causent, et les forces d’après les mouvements qu’elles produisent, llooke alla plus loin encore. Il établit si nettement le mode dont les planètes sont retenues dans leur orbite par l'attraction du Soleil, qu’on ne peut douter que si l’habileté du mathématicien eût égalé la sagacité du philosophe, et que ses travaux eussent été moins variés, moins divers, il ne fut arrivé à la loi de la gravitation.

Mais tout ce qui avait été fait dans ce genre avant Newton, ne peut être envisagé, - pour ainsi dire, que comme des tentatives qui avaient pour but de lever les premières difficultés, comme des travaux préparatoires qui étaient destinés-à mettre ce grand' homme en état de développer toute la puissance de son génie. Aussi profond mathématicien que physicien habile, il sut trouver des méthodes nouvelles, des méthodes inconnues, pour étudier les effets des causes que sa pénétration était parvenue à saisir. Remontant, par une suite d’inductions serrées, compactes, aux premiers axiomes de la dynamique, il réussit à en déduire une explication complète de tous les grands phénomènes astronomiques, à rendre compte de plusieurs de ceux même qui ont moins d'importance et sont plus obscurs. Les mathématiques n 'étaient pas assez avancées, à cette époque, pour lever les difficultés que présentait ce vaste problème. Tout était à créer pour le résoudre. Mais, loin de le rebuter, cette circonstance ne fit que

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