‹ Vie de Copernic et histoire de la découverte du système du mondeChapitre 65 sur 68 · NEWTON · texte numérisé non relu

NEWTON

redoubler son courage, et lui fournit l’occasion de développer les ressources de son génie. Les moyens employés ne pouvaient mener au but. 11 en sut trouver en lui-même : il inventa la méthode des fluxions, connue aujourd'hui sous le nom de calcul différentiel, et fournit ainsi des moyens de recherches qui sont à ceux dont on faisait précédemment usage ce que la machine est ahx moteurs animés qu'elle a remplacés.

L’œuvre capitale de Newton est d’avoir démontré que la cause de la suspension de la Terre et de tous les astres dans l’espace est une force déterminée, calculable, dont l’intensité décroît en raison inverse du carré de la distance, et en vertu de laquelle les corps célestes s'attirent mutuellement, se meuvent, et se soutiennent sur l’équilibre d’un invisible réseau. La Lune n'est autre qu’un boulet de canon, lancé horizontalement à 96,000 lieues de hauteur, et qui, par sa propre pesanteur vers la Terre, décrit une ligne courbe au lieu

d’une ligne horizontale, et tombe de 1 millimètre -

par seconde, tout en parcourant un kilomètre dans le môme temps. Une pierre élevée à cette hauteur, et abandonnée à son propre poids, tomberait, dans la première seconde de chute, précisément de cette même

quantité de 1 millimètre- 1 Tous les calculs s’accordèrent pour démontrer l’identité de la force qui soutient les astres avec la pesanteur. Ainsi la science connut l’existenee et la manière d’être de \ attraction universelle , de la gravitation, force vraiment universelle, puisqu’elle agit depuis les plus infimes mou-

vements qui s’accomplissent à la surface du sol jusqu’aux plus lointaines régions accessibles au télescope, soutenant nos pas, nos demeures, nos édifices, régissant la goutte de pluie comme le grain de poussière emporté par le vent, — portant l'aérostat au dessus des mers, — dirigeant la Lune dans son cours mensuel autour de la Terre, et la Terre dans son cours annuel autour du Soleil, — gouvernant la translation des planètes et des comètes les plus lointaines, — et organisant les mouvements des étoiles doubles au fond de l’infini.

Copernic, qui avait annoncé les phases de Vénus, avait pour ainsi dire, deviné l’attraction, comme nous l’avons remarqué déjà, et comme le témoigne textuellement le passage suivant de son livre :

« La pesanteur, dit il, est une tendance que l’Auteur de la nature a impriraéq à toutes les parties de la matière pour s’unir et se former en masse. Cette propriété n’est point particulière à la Terre ; elle appartient également au Soleil, à la Lune et à toutes les planètes. C’est par elle que les molécules de la matière qui composent ces corps se sont réunies et arrondies en globes, et conservent leur forme sphérique. Toutes les substances placées à la surface des corps célestes, pèsent également vers les centres de ces corps, sans que cela empêche ces globes de circuler dans leurs orbites Pourquoi celte constance mettrait-elle obstacle au mouvement de la Terre? Ou, si Ton suppose que le centre de gravité doit être nécessairement celui de tous les mouvements, pourquoi encore placerait-on ce centre

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