ENFANCE I»E COPERNIC
guère qu’à révéler la masse compacte d’ignorance sur laquelle elle repose. Jamais, il est vrai, on ne lut tant qu’aujourd’hui, mais jamais on n’étudia relativement moins; de sorte que l’on voit tous les jours s’accroître le nombre de ceux qui savent un peu de tout, mais rien complètement. El, comme le dit Samuel Smiles, l’on a fort bien comparé les lecteurs de cetteespèce à ces couteaux qui, outre la larnc ordinaire, ont une' lime, une scie, une vrille, un tournevis, un tire-bouchon et une paire de ciseaux, mais le tout d’une si petite dimension qu’il n’est nécessaire que d'avoir besoin de s’en servir pour en reconnaître l’inutilité.
Si nous voulons réellement devenir sages et instruits, nous devons prendre le parti de nous appliquer au travail avec l’ardeur soutenue dont firent preuve nos prédécesseurs ; car le‘ travail est et sera toujours le prix inévitable de tout ce qui a quelque valeur. 11 faut donc non-seulement savoir travailler avec énergie et résolution, mais savoir attendre les résultats du travail avec patience. Notre éducation n’est jamais finie. « Être occupé », disait le poëtc Gray, « c’est être heureux. » — « Mieux vaut s’user que se rouiller », disait aussi l’évoque Cumberland.
11 n’y a, en fin de compte, pas plus de mérite à posséder une intelligence naturellement supérieure, qu’il n’y en a à hériter d’une riche succession. La simple possession des matériaux du savoir est quelque chose de très-différent de la sagesse et de l’intelligence, cellesci ne pouvant être le fruit que d’un développement bien supérieur à celui que peuvent produire de simples