‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 102 sur 313 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Quasi morient.es, et eux , ils n'ont pas répondu ; ils ont conquis le monde... »

Nous prions le lecteur de ne point oublier le but que nous nous sommes proposé, en mettant sous ses yeux un extrait de cette petite harangue. Ce n'est point un morceau d'éloquence que nous avons voulu offrir à son admiration, ce ne sont que des idées jetées à la hâte sur le papier, et destinées à servir de canevas à une sorte de plaidoyer en faveur du christianisme. Nous n'avons eu d'autre intention que celle de montrer, par un exemple, ce qu'étaient les conférences établies par la jeunesse chrétienne des écoles pour la défense de leur foi; et, comme Ozanam en était un des principaux champions, il entrait dans les devoirs de son historien de le peindre par lui-même dans ce genre de combat.

Nous devons dire encore que la lutte devint si vive et si pressante , qu'elle alarma la sollicitude du vénérable M. Picot , fondateur du journal Y Ami de la Religion; son âge, sa science , la juste considération dont il était entouré, pour les services qu'il rendait à la cause de la foi , dont il était presque seul alors l'intrépide défenseur dans les feuilles publiques, tout, en un mot, lui donnait un certaindroitd'intervenirdans cette polémique un peu aventureuse; du moins sa vieille expérience lui faisait-elle pressentir les dangers que pouvait courir une si sainte cause entre des mains encore novices , et dont les avocats étaient , à la vérité , pleins de bonne volonté , mais fort peu versés dans les études théologiques indispensables, surtout lorsqu'il s'agit de controverses religieuses. M. Picot crut donc utile d'insérer dans son journal un avertissement, afin de mettre fin à ces dis-

eussions, dont les avantages ne lui semblaient pas balancer les dangers.

Ozanam, fort de la droiture de ses intentions et animé d'un zèle un peu juvénile, lui adressa une réponse ferme, peut-être même un peu vive, et dans laquelle il eût sans doute mieux fait de ménager ce vieux défenseur de la foi. On voyait qu'il le tenait pour un homme d'un autre âge , et pour un de ces anciens royalistes qui ne croyaient pas que l'autel pût se passer du trône. 11 s'élevait surtout avec une sorte d'indignation contre le blâme infligé à des jeunes gens qui avaient le mérite de défendre hardiment l'Église leur mère, malgré leur petit nombre , dans un temps où, elle était attaquée de toutes parts. Enfin, il reprochait à M. Picot de s'être montré leur adversaire , lorsqu'il aurait dû au contraire les encourager, en applaudissant à leur générosité et à leur dévouement. Il exigea que sa réponse parût dans un numéro de Y Ami de la Religion : satisfaction qui ne lui fut point refusée.

Page 1