‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 108 sur 313 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

tié qui les unissaient , que la seule pensée d'une séparation les révoltait. Ozanam, toutefois, avait prévu la nécessité prochaine d'une division en plusieurs sections 1 qui auraient périodiquement une assemblée commune. Cette division, en effet, devenait indispensable ; caries séances de la Société , vu le nombre des membres qui y prenaient part, n'étaient plus consacrées qu'à la distribution des bons, et on n'avait plus le temps d'entrer dans aucun détail sur la visite des pauvres. Le nombre des opposants était considérable , et les discussions pour et contre la division s'entre-croisant , il était impossible d'arriver à résoudre la question. Alors M. Bailly fît nommer une commission composée de trois membres de chacun des deux partis. Le bureau de la Société assistait aux réunions delà commission, mais comme simple témoin, et sans exercer la moindre influence sur les décisions qu'elle pourrait prendre. La discussion fut très chaude et dura plusieurs jours ; il y eut de véritables plaidoyers fort remarquables. Enfin, à la dernière séance tenue dans la soirée du 31 décembre 1834, on ne s'entendait plus, et les esprits étaient on ne peut plus surexcités 2.

Cependant la nuit s'avançait ; les douze coups de minuit annonçaient le commencement d'un nouveau jour et d'une nouvelle année. M. Bailly conjura les jeunes membres de mettre fin à une discussion si longue et peut-être trop animée. Alors MM. de La Perrière et Ozanam se levèrent et se donnèrent l'accolade la plus

1 C'était également la pensée de la sœur Rosalie et de M. le Prévost.

2 Lettres d 'Ozanam, t. I, p. 284.

fraternelle en se souhaitant la bonne année. Tous les autres les imitèrent, et l'on se sépara après être convenus que , sans se diviser encore , la Société se partagerait en deux sections, pour hâter la distribution des bons. Et, pour mieux ménager les esprits, M. Bailly fournit lui-même un second local voisin de celui où l'on tenait ordinairement les séances. Mais à mesure que la distribution des bons avait lieu, et on la faisait rapidement, ceux qui les avaient reçus allaient rejoindre la section restée à l'amphithéâtre.

Cette mesure prudente et habile prépara heureusement une séparation plus complète que la nécessité allait imposer ; plusieurs membres, en effet, demeurant assez loin de la rue de l'Estrapade, trouvaient peu commode de s'y rendre. Cette circonstance donna lieu à l'établissement d'une conférence dans la paroisse de Saint- Philippe- du-Roule. Sa fondation est due à M. Clavé, à M. Catruffo, son premier président, et à M. l'abbé Maret , alors vicaire de la paroisse , aujourd'hui évêque de Sura et primicier des chanoines de Saint-Denis.

Fut-elle le premier essaim sorti de la réunion mère ? Nous ne saurions l'affirmer, car vers le même temps, une nouvelle section vint se fixer sur la paroisse de Saint- Sulpice. M. Gossin, qui devint plus tard président général de la société de Saint -Vincent -de -Paul, venait de fonder celle de Saint-François-Régis. Il avait loué, rue Cassette , un local pour y tenir les séances, et réunir les pauvres le dimanche. 11 consentit à y recevoir la nouvelle conférence sous le vocable de Saint-Sulpice1.

1 M. Lallier, l'un des huit fondateurs de la société de Saint-Vincentde-Paul, affirme que la conférence de Saint-Philippe du Roule fut

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