‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 112 sur 313 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

la religion en protégeant et développant la foi de ses membres par l'exercice de la charité. En outre cent treize archevêques ou évêques ont également joint leurs suffrages à celui du Saint-Siège1.

Tels sont les souvenirs certains et positifs que nous ont laissés les fréquents entretiens que nous avons eus avec Frédéric Ozanam relativement à l'origine et à l'établissement de la société de Saint -Vincent -de- Paul. Notre mémoire sur ce sujet est d'autant plus fidèle, que nous avons eu des rapports multipliés avec plusieurs des premiers membres de cette pieuse association, qui tous avaient été témoins des faits que nous venons de rapporter, et qui tous nous en ont unanimement attesté la vérité. Nous pourrions ajouter ici en notre nom ces paroles de saint Pierre et de saint Jean , que l'on retrouve au chapilre ive des Actes des Apôtres: Nous ne pouvons pas ne pas proclamer ce que nous avons vu et entendu.

Nous suivrons dans le chapitre suivant les progrès et les développements de la société de Saint-Vincent-de- Paul. Nous parlerons aussi avec quelques détails de sa constitution, de ses œuvres et des faveurs spirituelles dont elle a été l'objet de la part du Saint-Siège.

Toutefois, avant de terminer ce que nous avions à dire sur les origines de la Société , nous croyons devoir à la mémoire d'Ozanam de signaler la part importante qu'il a eue dans la fondation de cette œuvre, qui , étendant aujourd'hui ses bienfaits dans le monde entier, sera assurément, avec la Propagation de la foi, l'une

1 Manuel de la société de Saint-Vincent-de-Paul , IIe partie, édition de 1873.

des plus grandes gloires de la France et de l'Église catholique au xixe siècle.

Nous recueillerons, dans les lettres mêmes d'Ozanam, quelques passages qui montrent que Dieu le prédestinait à la création d'une société de jeunes gens dont la mission serait de travailler à la gloire de Dieu et à la défense de la religion par la pratique des œuvres de charité. Nous lisons en effet, dans plusieurs lettres écrites à l'un de ses cousins en arrivant à Paris, et deux ans avant la fondation des conférences, les paroles suivantes : « J'espère parvenir à fonder la réunion dont je t'avais parlé; j'ai déjà des données pour cela1. Tu n'ignores pas combien je désirerais m'entourer de jeunes gens sentant, pensant comme moi ; or je sais qu'il y en a beaucoup ; mais ils sont dispersés comme l'or sur le fumier, et difficile est la tâche de celui qui veut réunir les défenseurs autour d'un drapeau 2. — Tu sais quel était avant mon départ de Lyon l'objet de tous mes vœux. — Tu sais que j'aspirais à former une réunion d'amis travaillant ensemble à l'édifice de la science, sous l'étendard de la pensée catholique3. »

Toutes ces paroles d'Ozanam montrent assez quelle était depuis longtemps sa grande préoccupation : fonder une association de jeunes gens chrétiens qui se soutiendraient mutuellement contre les dangers des mauvaises doctrines et la corruption des mœurs, et qui s'efforceraient d'exercer une influence salutaire sur

1 Lettres, t. I,p. 35, 20 novembre 1831.

2 Ihid., p. 45, 18 septembre 1831.

3 Ibid., p. 71, 19 mars 1833.

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