‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 113 sur 313 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

la jeunesse étudiante. Tel était déjà, dès son arrivée dans la capitale, le but qu'il poursuivait avec une incomparable ardeur.

Sans doute il n'avait encore aucune idée arrêtée sur ce que pourrait être cette association , ni sur les moyens qu'elle pourrait prendre pour atteindre son but ; mais il étudiait la situation, il observait les événements, afin de découvrir la route qui pourrait le conduire au résultat auquel il aspirait depuis si longtemps.

L'un de ses essais fut d'exploiter en ce sens la conférence d'histoire dont nous avons parlé plus haut, et de laquelle sortit enfin le germe de la société de Saint- Vincent-de-Paul. La divine Providence avait béni ses vœux, elle daigna même enchérir de beaucoup sur ses espérances. Enfin, tandis que ce travail de la divine charité s'opérait et fermentait en quelque sorte dans son cœur, ses talents éminents, ses convictions profondément religieuses et son esprit de tolérance lui avaient donné un tel ascendant sur tout son entourage , qu'on voulait faire de lui une sorte de chef de la jeunesse catholique des écoles. C'est lui-même qui l'avoue, et son humilité s'en plaint dans une lettre adressée à l'un de ses parents '.

Nous pourrions encore ajouter que plusieurs de ses amis eurent sans doute comme lui la première pensée de témoigner de leur foi par la pratique des œuvres de charité; mais que bientôt chacun d'eux, ayant terminé ses études à Paris, retourna dans sa province, et ne fut plus à même de s'occuper de l'organisation

1 Lettres , t. I , p. 88.

générale de la société qui venait à peine de sortir de son berceau. Il en est un pourtant dont le zèle ne se ralentit point même après avoir quitté la capitale ; c'était M. Lallier, qui, chargé des fonctions de secrétaire général, continua de faire les circulaires et de composer les rapports.

Ozanam, au contraire, ayant été obligé de passer plusieurs années dans la capitale pour compléter ses études, et étant revenu s'y fixer définitivement après une absence qui ne fut pas de longue durée, ne cessa de travailler par ses conseils aux constitutions, au règlement de la Société, et à y maintenir l'unité et l'esprit éminemment chrétien qui avait présidé à sa fondation. Il était loin toutefois de s'en prévaloir l.

Voici ce qu'il disait lui-même dans le discours qu'il prononça à la conférence de Saint-Vincent-de-Paul, à Florence, dans la séance du 30 janvier 1853 : « J'ai besoin de vous dire que ce n'est point par mon mérite personnel que je suis devenu vice -président du conseil général de Paris, mais uniquement à cause de mon ancienneté. Vous voyez, en effet, devant vous un des huit étudiants qui, il y a vingt ans, en 1833, se réunirent pour la première fois, sous la protection de saint Vincent de Paul, dans la capitale de la France.

1 Nous devons à la vérité de dire que ce qu'on peut appeler les constitutions de la société de Saint- VinceDt-de-Paul se trouve dans le règlement, et surtout dans les considérations qui le précèdent et qui le suivent.

Ces considérations ont été en entier écrites par M. Bailly, en sa qualité de président, à la fin de l'année 1835, en même temps que M. Lallier, secrétaire de la conférence, rédigeait les articles du règlement , qui sont simplement la reproduction des usages constamment suivis par la conférence depuis son origine.

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