‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 118 sur 313 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Plus tard, trois mois à peine avant sa mort, il entreprenait encore le voyage de Sienne , dont l'université réunissait de nombreux jeunes gens, afin d'essayer d'y fonder aussi des conférences. Plus loin nous donnerons les détails et les développements relatifs à ces derniers efforts de son zèle. Mais ce n'était pas assez pour lui de propager sa chère société de Saint-Vincentde-Paul ; ce qui importait surtout pour assurer la durée de cette œuvre, c'était de travailler à son organisation et de faire pénétrer dans le cœur de ses membres l'esprit qui animait son saint patron. Voici ce qu'il écrivait sur ce dernier sujet à l'un de ses amis : « 11 faudrait insister sur les caractères de l'humilité et montrer comme elle doit exclure cet orgueil collectif qui se cache souvent sous le nom d'amour de corps, et ces manifestations imprudentes à l'égard des étrangers, sous prétexte d'édification et de prosélytisme. D'une autre part, on remarquerait que le secret n'est point la forme nécessaire de l'humilité véritable, que souvent même il lui est contraire ; car on ne tait guère que ce que l'on croit important , et l'on se dédommage entre soi de l'admiration que l'on ne peut pas rechercher au dehors.

« Ainsi, ne point se faire voir, mais se laisser voir, telle pourrait être notre formule, et c'est à peu près celle qu'on rencontre parmi les maximes d'un grand apôtre de la charité , saint François de Sales l . »

Ce fut cet esprit de modestie et d'humilité qu'il s'appliqua toujours à faire pénétrer dans l'âme de tous ceux qui composaient cette pieuse association , et l'on peut dire qu'il est devenu, en effet, le caractère spé-

1 Lettres d'Ozanam , t. I , p. 2Go.

cial de la société de Saint- Vincent-de-Paul. Aussi dans la plupart de ses comptes rendus ne trouve -t- on presque jamais de nom propre désignant les membres qui s'occupent des différentes œuvres confiées à leur zèle.

Mais ce qui importait surtout, c'était de conserver l'unité d'esprit et d'action entre les différentes conférences établies , soit en France, soit à l'étranger. Ozanam s'y employa toujours de tout son pouvoir, comme on le voit par ses lettres. Il exprime partout le désir de resserrer cette confédération d'hommes de bonne volonté, en établissant entre eux des relations régulières, afin qu'ils se connaissent, s'encouragent, se soutiennent mutuellement* par la force de l'exemple et de la prière.

Pour obtenir cet heureux résultat, on établit d'abord des réunions générales où les diverses conférences venaient se retremper, et l'on s'occupa ensuite de tracer un règlement commun.

La première des assemblées générales eut lieu le 21 février 1836. Les présidents des quatre conférences alors existantes y firent leur rapport, et le président général y lut les considérations préliminaires du règlement, ainsi que le règlement lui-même, reproduction fidèle des usages suivis depuis l'origine. Les considérations préliminaires , œuvre de M. Bailly exclusivement, furent accueillies avec le plus vif et le plus respectueux assentiment.

La Société sortait par là de son obscurité primitive ; le besoin d'établir entre les conférences un lien plus étroit, depuis qu'elles s'étaient multipliées dans Paris, se fit vivement sentir. Aussi les présidents de chacune

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