‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 120 sur 313 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

assemblée les conférences de onze villes d'Italie, une de Suisse, une d'Allemagne, vingt-trois de France, une de Turquie, unedu Canada, et le 5 janvier 1855, veille de l'iïpiphanie, le saint-père présida l'assemblée indiquée dans la salle du consistoire au Vatican.

Le saint-père prononça à haute voix la prière, prit place sur son trône, puis il permit à M. Baudon, président général de la Société, de déposer aux pieds de Sa Sainteté le rapport de la société de Saint-Vincentde-Paul, et de lui remettre la liste des conférences représentées dans l'assemblée générale. Ce rapport, rédigé par le président général et traduit en italien , fut lu par Msr Borroinée Arese, vice-président du conseil supérieur de Rome et maître de chambre de Sa Sainteté (il est aujourd'hui cardinal, archiprétre de la basilique Vaticane et préfet de la fabrique de l'église de Saint-Pierre).

Le saint- père écouta avec le plus vif intérêt la lecture de ce rapport, et, se levant au milieu de l'émotion générale , prononça à l'assistance les paroles suivantes :

« Ce n'est pas la moindre, assurément, des consolations qu'a éprouvées notre cœur pendant les jours qui viennent de s'écouler;, ce n'est pas la moindre, dis-je, de me trouver au milieu de vous, fils bienaimés, qui, fortifiés et enrichis par la grâce divine, cette grâce que nous a acquise le rédempteur des hommes, Notre-Seigneur Jésus-Christ, et sous la protection de saint Vincent de Paul, qui a prêché et exercé avec une ardeur merveilleuse les œuvres de charité, avez entrepris de mettre en pratique le commandement que ce même Sauveur appelait un commandement nouveau : Mandatum novum do vobis. Ce com-

mandement nouveau , il l'exprimait ainsi : Aimez-vous les uns les autres, et aimez vos frères, non pour les qualités personnelles ou les dons de la nature que Dieu a répandus sur quelques-uns d'entre eux; mais aimez-les uniquement parce que chacun de vos frères, fût - il le dernier parmi les derniers des hommes , est toujours mon image. En vous consacrant à la pratique de ce commandement, vous vous êtes placés sur un un terrain où le monde lui-même ne craint pas de venir pour admirer le bien dont Dieu vous fait les instruments. Chose étrange, en vérité, et pourtant incontestable, le monde, tandis qu'il déprécie toute autre vertu, est prodigue de louanges pour les œuvres de charité ! L'humilité , la chasteté , le zèle apostolique ne sont à ses yeux que bassesse , résistance aux lois de la nature, aveugle fanatisme. Ce n'est que pour admirer les effets de la charité que le monde s'unit à vous. Protestants, incrédules, mauvais catholiques confondent ici leurs sentiments avec ceux des vrais justes, et portent aux nues les œuvres charitables qui s'accomplissent parmi vous.

« Que Dieu soit béni de vous avoir ouvert la voie où s'exercent non seulement les œuvres de miséricorde qui soulagent le corps, mais encore celles qui regardent la sanctification de l'âme. Et comme ces œuvres, pour produire un grand fruit, doivent être bien ordonnées , c'est avec une vive satisfaction que j'ai trouvé, dans le rapport qui vient d'être lu, l'intention constante de vous maintenir en parfait accord avec ceux qui, établis par Dieu pour être les sentinelles de son peuple, veillent nuit et jour à sa sanctification, et

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