CHAPITRE VI
tinée et qui est restée leur guide constant; enfin par l'un. des fondateurs de la Société, resté jusqu'à sa mort vice -président du conseil, l'illustre Ozanam, qui, au plus fort des ardeurs politiques de l'année 1848 comme au mois de mai 1 853 , accablé par le mal dont il mourut peu après, rappelait aux membres de la Société qu'elle ne devait avoir aucune action, aucune couleur, aucune tendance politique, même indirecte et éloignée1, maxime que les présidents de la Société, organes de son conseil général, avaient proclamée, répétée, commentée constamment, partout, à toute époque.
La Société, dans sa réponse au ministre, achevait sa démonstration en prouvant d'une manière péremptoire :
1° Qu'un premier obstacle à toute action politique de sa part c'était que les ressources pécuniaires de la Société n'étaient pas centralisées, et qu'ainsi le conseil général manquait d'un élément indispensable aux menées politiques, l'argent ;
2° Que tout était public , instructions , comptes rendus des œuvres et de l'emploi des fonds, assemblées générales , réunions particulières , et qu'il était impossible de faire de la politique dans des conditions pareilles;
3° Que la Société était ouverte à tout le monde ; qu'on comptait dans les conférences des hommes appartenant à toutes les opinions , et qu'au moment où paraissait la circulaire il existait dans le personnel des bureaux des mille cinq cent quarante-neuf conférences de France
1 Bulletin de la Société, 1849 et 1853. C'est ainsi que la parole d'Ozanam a servi à défendre sa chère société , même après la mort de celui qui l'avait prononcée.
près de neuf cents fonctionnaires publics de tout ordre ;
4° Que la Société n'était pas seulement française ; qu'à ses mille cinq cent quarante -neuf conférences il fallait en ajouter mille huit cent cinquante-sept existant hors de France, n'acceptant le lien qui les uDissait au conseil général qu'à la condition que celui-ci resterait absolument étranger à toute cause et à toute action politique, et que les ramifications étendues par le conseil général au delà des frontières de France , loin d'être un danger, comme on semblait le croire, étaient en réalité une raison de sécurité.
Un dernier point restait à traiter vis-à-vis du ministre , qui , dans le cas ou les conférences locales exprimeraient le désir d'avoir, à Paris, près du siège du gouvernement, une représentation centrale, se réservait de prendre les ordres de l'empereur, pour décider sur quelles bases et d'après quels principes cette représentation centrale pouvait être organisée.
Le conseil répondit à cet égard que la plupart des conférences consultées avaient fait connaître leur vœu unanime, demandant le maintien du conseil général, estimant qu'il ne pourrait disparaître sans entraîner la destruction de la société de Saint -Vincent-de-Paul, quelques-unes même ayant été jusqu'à se dissoudre volonta rement, comme conséquence obligée de la dissolution du conseil général.
Le conseil ajoutait que la société de Saint -Yincentde-Paul étant avant tout une institution catholique, croyant aux bienfaits d'une étroite union entre ses membres, maintenue par l'union des règles, par la communion des œuvres et des prières, l'existence d'un