‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 128 sur 313 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

conseil général était d'une absolue nécessité; qu'il était nécessaire pour agréger les conférences ou les exclure , nécessaire pour les mettre en relation , nécessaire pour faire connaître les œuvres nouvelles, conseiller les unes, dissuader des autres ; nécessaire pour faire profiter les conférences des faveurs spirituelles dues aux souverains pontifes, comme récompense de leur dévouement pour les pauvres; nécessaire enfin comme dépositaire, gardien et interprète des règles et des usages sans lesquels la Société ne peut conserver son caractère propre.

Que si le ministre entendait par la réorganisation du conseil général l'autorisation légale du gouvernement , il accepterait avec gratitude une solution de ce genre , puisqu'il n'avait jamais violé la loi, et qu'à toutes les demandes qu'il avait faites d'une autorisation légale le gouvernement avait toujours répondu : « Vivez, nous nous contenterons de vous tolérer. »

Que s'il s'agissait pour le gouvernement d'intervenir dans la nomination des membres du conseil, la réalisation de cette pensée était impossible; qu'elle altérerait le caractère et le but de l'œuvre en en faisant une œuvre administrative et officielle; que les susceptibilités nationales briseraient immédiatement le lien qui unissait la Société aux conférences étrangères si le conseil général avait un caractère administratif et officiel ; que le saint-père avait trouvé bon que la société de Saint-Vincent-de-Paul prît et gardât le caractère d'œuvre laïque, et que, de même, l'association devait tenir à conserver son caractère de société libre, indépendante, uniquement dévouée à deux grands intérêts so-

ciaux, la réconciliation du riche et du pauvre et la pacification des partis.

Le mémoire du conseil général ayant été remis au ministre, et les conférences coasultées par lui ayant continué à demander avec unanimité le rétablissement du conseil général, tel qu'il avait été constitué jusqu'alors, vers la fin de 1861, le gouvernement lit connaître verbalement au président du conseil général les conditions qu'il imposait à la reconstitution de ce conseil, et dont la principale était la nomination par décret impérial du président général de la Société, dans la personne du cardinal Morlot, archevêque de Paris.

Le conseil général en conféra avec le cardinal, qui déclara ne pouvoir accepter ces propositions en ce qui le concernait, et le conseil écrivit par la voie de son président, M. Baudon, au préfet de police, que d'après toutes les considérations que nous avons énumérées plus haut, et qu'il rappelait dans sa lettre datée du 15 février, le conseil ne pouvait accepter la condition posée à l'autorisation du conseil général , et que le cardinal lui-même, frappé des inconvénients qui résulteraient du principe de la nomination par le gouvernement du président d'une société libre et privée, avait déclaré ne pas accepter la présidence offerte.

Nonobstant ce refus, une circulaire appela les conférences à voter sur la question suivante :

(( Les conférences désirent -elles avoir à Paris un conseil général formé de la plupart des membres de l'ancien comité, mais ayant pour président supérieur un haut dignitaire de l'Église nommé par l'empereur,

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