‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 130 sur 313 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Grent choisir Nanterre de préférence aux autres bourgs des environs. Mais outre les consolations que sa foi désirait recueillir de cette touchante cérémonie, il se proposait aussi d'édifier les bons habitants de ce petit pays, pensant avec raison qu'ils seraient fiers de servir de cortège au saint Sacrement en compagnie de jeunes gens d'aussi bonne mine et appartenant aux classes élevées de la société. I! espérait leur montrer encore par là que la religion n'est pas uniquement le partage des bonnes femmes, des simples et des petits. Une trentaine d'amis s'empressèrent de le suivre dans ce pieux pèlerinage. La plupart étaient membres de la société naissante de Saint-Vincent-de-Paul ' .

Ce fut aussi dans ce même but qu'au jour de la fête de leur saint patron ils se rendirent à Clichy-la-Garrenne, pour avoir l'honneur de porter sur leurs épaules les reliques de leur saint protecteur !.

Non seulement cette double initiative est devenue un usage dans la société de Saint -Vincent- de -Paul, mais encore les conférences de plusieurs villes, sous la même inspiration , envoient chaque dimanche une petite caravane de leurs membres pour assister aux offices les plus délaissés des paroisses suburbaines.

Pendant le temps libre qui sépare les exercices religieux , ils se mêlent aux gens du pays , prennent part à leurs jeux, et s'efforcent ensuite de les entraîner avec eux à l'église pour y chanter ensemble les louanges de Dieu.

L'exposé historique que nous venons de faire de la

i Lettres d'Ozanarn , t. I, p. 81.

s UL, p. 205.

société de Saint -Vincent -de -Paul nous montre avec quelle intelligence et quelle sagesse le plan en a été conçu , avec quel zèle et quelle charité il a été mis en œuvre. Nous tenions à faire connaître ses rapides et incomparables succès, dont on ne peut refuser une bonne part à l'heureuse influence qu'Ozanam a exercée et exerce encore -sur les membres de la Société. C'est ainsi que , lorsqu'ils veulent se retremper dans l'esprit primitif de l'œuvre, ils ont souvent recours aux discours qu'il a tenus et aux écrits qu'il a laissés sur ce sujet. Il suffit pour s'en convaincre de parcourir les manuels de la Société et les circulaires des présidents généraux. Revenons maintenant sur nos pas, et suivons Ozanam pendant ses vacances de 1833.

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