‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 140 sur 313 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

« seigneur, répondit tristement M. de Lamennais, ma « carrière est finie. »

a Les trois étudiants se retirèrent après avoir remis à Monseigneur un mémoire rédigé par Ozanam.

« C'était une sorte de programme des questions que la jeunesse catholique désirait voir traiter dans les conférences de l'église Notre-Dame.

a En voici le texte précis :

Pétition adressée à Monseigneur de Quélen au nom des étudiants catholiques.

« Monseigneur,

« Quand l'année dernière quelques jeunes gens catholiques témoignèrent à Votre Grandeur le désir d'entendre de la chaire de vérité une prédication spéciale, destinée à encourager la foi de ceux qui croient encore, et à la ranimer dans ceux qui ne croient plus, vous daignâtes les accueillir avec une paternelle bonté. Votre cœur les avait compris, et ils rapportèrent à ceux de qui ils étaient envoyés des paroles de consolation et d'espérance.

<c Jusqu'ici cette espérance n'a pu se réaliser, et pourtant les mêmes besoins subsistent aujourd'hui, rendus plus sensibles par une longue attente.

« En poursuivant pendant une année encore les études par lesquelles la Providence veut que nous passions, plus que jamais nous avons pu reconnaître combien elles sont sèches pour le cœur et stériles pour l'intelligence, quand l'esprit religieux ne vient pas les animer. Plus que jamais nous avons senti la nécessité

d'un enseignement chrétien qui sanctifie pour nous la science et nous la montre comme la sœur de la foi.

« L' avidité générale aujourd'hui des jeunes intelligences pour les études sérieuses n'ayant point trouvé l'aliment qu'elle cherchait dans de vains systèmes que chaque jour voit changer, et que la raison abandonnée à elle-même élève et détruit, la religion seule, avec sa sagesse immuable, peut combler ce vide. Déjà nous avons éprouvé une consolation bien douce à voir plusieurs de nos condisciples revenir à cette lumière dont ils ne s'étaient éloignés que parce qu'ils ne la connaissaient pas. Oh! si nous pouvions voir cet exemple suivi par toute cette jeunesse dès écoles, à laquelle il ne manque pour aimer le christianisme que d'en savoir la beauté; cette jeunesse, Monseigneur, que vous auriez voulu bénir tout entière, ce jour où vous bénissiez quelques-uns d'entre nous qui vinrent vous parler d'elle !

« Dans cette vue nous venons renouveler à Yotre Grandeur la demande que nous lui avions soumise.

« Il est un âge où l'homme, revenu de ses premiers enchantements, et quelquefois de ses premières erreurs, éprouve le besoin d'une doctrine certaine qui, d'une part, affermisse son intelligence, coordonne et vivifie ses premières études en les rattachant à un ordre d'idées supérieur, et, d'un autre côté, prépare sa vertu en lui traçant les règles de cette vie sociale où il va prendre une position définitive.

« La religion seule peut lui donner cette virilité d'âme nécessaire pour accomplir sa mission. Yoilà pourquoi nous eussions désiré des conférences où l'on ne

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