PREFACE III
nisme, dont il voulait célébrer hjs triomphes et prouver la divinité. S'il se passionnait pour les lettres, c'était bien moins parce que la délicatesse de son goût y trouvait un charme inexprimable, que parce qu'il y découvrait une mine inépuisable de preuves éclatantes en faveur de la doctrine catholique et de la céleste mission de l'Église. Il enseignait les lettres pour faire aimer la religion , se plaisant à dire après de Maistre que Y ait fit illc fait passer le fil.
Au reste, il suffit d'ouvrir ses livres pour se convaincre de cette vérité. Ozanam avait choisi le moyen âge, du vc au xiii* siècle, comme champ de ses investigations. Au milieu de cette époque ténébreuse si fertile en vertus héroïques et en forfaits atroces, en institutions magnifiques comme en guerres sauvages, il sut démêler la part d'œuvres chrétiennes qui revenait à l'Église, tout en condamnant les excès du fanatisme et de l'impiété. Grâce à sa connaissance de plusieurs langues, le flambeau de la vérité put briller à travers les œuvres nébuleuses de la Germanie. Il défricha à la sueur de son front ces siècles barbares, et en fit sortir deux grandes œuvres : la Civilisation au ve siècle et les Eludes germaniques.
La civilisation des barbares par le christianisme était le thème favori qu'il avait choisi