‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 207 sur 313 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Cours d'Ozanam. — Il publie des articles dans diverses revues. — 11 prononce plusieurs discours. — Son attitude pendant la lutte contre le monopole universitaire. — Mort de M. Fauriel. — Ozanam est nommé titulaire. — Il refuse la présidence de la société de Saint- Vincent-de-Paul.

Pendant l'année scolaire de 1842 à 1843, comme dans celle de 1843 à 1844, la chaire de rhétorique du collège Stanislas, dont nous venons de parler, ne fut pour Ozanam qu'un travail accessoire , son cours à la Sorbonne étant naturellement sa principale occupation. La première de ces deux années , il traita de Y histoire littéraire d'Italie, depuis l'ère chrétienne jusqu'au temps de Charlemagne. Ce travail était une étude vive et profonde de la papauté , par laquelle s'est fait ce difficile passage de l'antiquité aux temps modernes. Il s'efforça de montrer les innombrables travaux auxquels s'est livrée l'Église, pour nous préparer et nous assurer l'avenir de tout ce que nous devions avoir de science, de liberté et de civilisation.

En même temps il écrivait pour le Correspondant ' un grand article sur la tradition littéraire en Italie. C'était le plan général et une sorte d'analyse du cours qu'il professait cette année ; puis il envoyait à la Propagation de la foi un travail des plus importants sur le bouddhisme 2.

Ce dernier travail renferme des recherches incalculables; il est d'une érudition immense, et l'on conçoit qu'Ozanam déclarât lui-même que les six Semaines qu'il avait consacrées à ces deux compositions avaient été des plus laborieuses qu'il eût passées dans sa vie , se refusant toute distraction et prenant sur ses nuits.

On n'est plus surpris, après ces exemples d'un travail acharné, de voir celui qui les donne choisir comme sujet d'un discours prononcé pour la distribution des prix du collège Stanislas : la puissance du travail. Nous renvoyons à ce discours les esprits légers qui se contentent de connaissances superficielles et qui regardent les lettres tout au plus comme un art d'agrément. Nous y renvoyons surtout ceux qui exaltent si haut les fameux principes de 89. A les entendre, c'est à eux que l'on est redevable des torrents de lumières dont les intelligences sont aujourd'hui inondées, tandis que les siècles qui les ont précédés n'étaient qu'ignorance et presque barbarie. Ils y verront que tous les

1 Le Correspondant était alors l'une des revues les plus estimées parmi celles qui se consacraient à la défense de l'Église et de la religion.

2 Voyez Annales de la propagation de la foi, t. XV, p. 169, et Œuvres complètes d'Ozanam. Mélanges, t. II, p. 219.

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