‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 218 sur 313 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Ozanam part pour l'Italie. — Mort de son beau-frère. — Les poète franciscains en Italie au xme siècle.

Ozanam, à la fin de l'année 1846, partit pour l'Italie a^cc sa femme et son enfant. Sur sa route, il visita le midi de la France, traversa Gênes et s'arrêta quelques jours à Florence, où nous avions encore des parents. Il revit avec bonheur les chefs-d'œuvre d'art qu'il avait admirés déjà dans ses précédents voyages , se plaisant à repasser dans sa mémoire toute l'histoire de cette célèbre cité, dont chaque monument lui rappelait les faits les plus remarquables Place du Dôme, on a conservé une pierre sur laquelle Dante venait s'asseoir ; et nous ne doutons pas que l'auteur de la Philosophie du Dante et des Sources de la Divine Comédie n'y ait fait plus d'un pèlerinage. 11 se rendit ensuite à Rome, pour y passer l'hiver. Les joies qu'il éprouva et la rdouceur de la température lui firent un très grand bien. Il put assister, en effet, à plusieurs reprises, aux grandes cérémonies papales. Deux fois le Souverain Pontife daigna le recevoir en audience privée avec sa femme et sa petite

fille. Celle-ci, voyant son père et sa mère se mettre à genoux, les imita en s'agenouillant toute seule et joignit ses petites mains avec un petit air de vénération; le Pape la remarqua; il en fut tellement touché que plusieurs jours après il eut la bonté de s'en souvenir, t et de dire à un prêtre français, en lui parlant de cette audience : « Ils m'ont amené leur petite fille, qui a été tout à fait charmante; cette pauvre enfant s'est mise d'elle-même à genoux devant moi, et me regardait comme si j'étais le bon Dieu ! »

La visite des catacombes fut pour Ozanam celle qui lui inspira le plus vif intérêt pendant son séjour dans la ville éternelle, la regardant comme une des plus précieuses pour sa foi. Il y descendit cinq fois, et presque toujours avec M. l'abbé Gerbet, plus tard évêque de Perpignan. Cet ecclésiastique distingué était allé à Rome passer quelques mois pour sa santé; mais il s'éprit d'un tel amour pour la ville sainte , et pour les catacombes en particulier, qu'il y resta dix ans. C'était un bonheur pour lui d'accompagner les voyageurs français dans ces cimetières des premiers chrétiens, pour leur donner des explications sur les constructions et les peintures qui s'y rencontrent. Il terminait ordinairement la visite par la lecture dune homélie des Pères relative aux martyrs , et par la récitation des litanies.

Ozanam parcourut aussi les anciennes basiliques romaines. Il les trouva bien moins ruinées qu'on ne le dit communément ; leurs mosaïques , leurs sculptures , leurs inscriptions lui représentaient d'une manière frappante les vieilles mœurs catholiques pendant les siècles

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