‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 222 sur 313 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

crucifix lui fit entendre trois foi- ces mystérieuses paroles : « Va , François , et répare ma maison que tu « vois tomber en ruines. » Trop humble pour croire que Dieu l'appelait à réparer les ruines spirituelles de son Église, il prit ces paroles dans leur sens matériel; et pensant que Notre-Seigneur l'invitait seulement à faire restaurer la vieille église de Saint- Damien, il se mit aussitôt à l'œuvre.

« Ce fut dans une petite maison qui se trouvait à euh'' que l'ordre des Clarisses ou des religieuses de Saint - François prit naissance. Le patriarche séraphique ayant assigné cette retraite à sainte Claire , après lui avoir donné l'habit dans la chapelle de Notre-Dame-des-Anges , un grand nombre de jeunes personnes des meilleures familles de la ville d'Assise vinrent se joindre à elle pour y observer dans toute sa rigueur la règle de Saint-François. Jamais sainte Claire ne sortit de ce monastère, où elle rendit le dernier soupir. »

Sur le lieu occupé par la maison paternelle de saint François, on a élevé la Chiesa nuova (l'église neuve). On peut y voir encore, au-dessous d'un escalier, le cachot où son père l'avait emprisonné pour le forcer à renoncer au nouveau genre de vie qu'il avait embrassé.

L'église de Sainte-Claire fut bâtie presque aussitôt après la mort de celle qui lui donna son nom.

Une crypte renferme le corps et Je tombeau de la fondatrice des Clarisses. « Il existe près de quatre mille couvents de cet ordre plus ou moins modifié, et près de cent mille religieuses. »

A trois kilomètres d'Assise se trouve Notre -Damedes-Anges, petit sanctuaire dit de la Portioncule , construction grossière conservée sous les voûtes d'une magnifique église bâtie en 1569. C'était là surtout que le saint patriarche se plaisait à répandre son âme aux pieds de la Reine des anges. Ce fut encore dans cet oratoire privilégié , qu'après avoir reçu des grâces extraordinaires, il arrêta définitivement le genre de vie qu'il voulait embrasser, et qu'il reçut les deux premiers disciples qui s'engagèrent à le partager avec lui. Arrivé à la fin de sa vie, lorsqu'il vit la mort approcher, il se fit transporter à Sainte -Marie -des -Anges, berceau de son ordre, pour rendre l'âme au môme lieu où il avait reçu l'esprit de grâce. L'église qui abrite cette précieuse chapelle renferme aussi la cellule de saint François. Tout à côté est un petit jardin où il se précipita dans les ronces pour sauver sa chasteté. Les ronces se changèrent en rosiers sans épines qui refleurissent encore chaque année.

Notre saint patriarche avait demandé par humilité qu'on inhumât son corps dans un lieu appelé la Colline d'enfer, car c'était l'endroit où l'on avait coutume d'exécuter les criminels. On se rendit à ses désirs; mais quatre ans après sa mort, c'est à-dire en 1230, lorsque le pape Grégoire IX le mit au nombre des saints, il décida que le lieu de son repos s'appellerait désormais la Colline du paradis. Les habitants d'Assise, pour mettre ce corps vénérable à l'abri des vols de reliques si fréquents au moyen âge, creusèrent le roc à des profondeurs inusitées et y cachèrent leur trésor. Une crypte entoura ce tombeau , et l'on construi-

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