‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 233 sur 313 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

à cause de sa simplicité et de sa candeur unies à une grande élévation d'esprit, à une profondeur de vues peu commune. Aussi Ozanam n'hésitait pas à le mettre au rang des plus nobles serviteurs du christianisme qui soutiennent la croix plantée à l'entrée de notre époque , tels que de Maistre, de Donald, Chateaubriand. Il l'aimait encore parce que Ballanche avait l'ambition de faire pénétrer les vertus chrétiennes dans les classes populaires et qu'il y travaillait.

L'année qui suivit la révolution de février fut encore singulièrement pénible pour notre Frédéric ; il en ressentit profondément les alternatives émouvantes. Cependant, outre son cours, qui se continuait avec une grande régularité, il surveillait l'impression du dernier volume cîe ses Germains, auxquels il travaillait depuis longues années ; cette œuvre importante parut à la fin de 1849, et obtint deux fois de suite, en 1850 et 1851 , le prix Gobert de dix mille francs.

Il alla passer les vacances à Ferney, où sa femme avait un oncle. Sa santé laissait beaucoup à désirer; néanmoins il avait confiance en l'avenir, et parlait avec ardeur de ses projets de travail. Jamais il ne mit dans la conversation plus de chaleur de cœur ni de cette aménité sympathique qui rendait son commerce si attrayant. Genève , et la conférence de Saint -Vincent-de- Paul qu'on y avait établie, étaient trop près de Ferney pour qu'il ne fût pas pressé de leur rendre une visite. Rien ne le délassait mieux que de s'occuper de cette chère Société, et de laisser déborder de son âme le feu de sa charité pour les pauvres. Ses confrères de Genève conservent précieusement le sou-

venir de l'allocution qu'il leur adressa dans cette circonstance. Malheureusement ce qui soulageait son cœur épuisait cette constitution déjà fort affaiblie par ses travaux incessants , et par ses souffrances morales et physiques.

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