‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 27 sur 313 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Unà cùm mulo vinum porlabat asella, Afque suo graviter ceu pondère pressa gemebat. Talibus at dictis inox increpat i Ile gemenlem : Mater, quid luges tenerae «le more puelke? Dupla luis, si des mensuram, pondéra gesto, Al si mensuram capias, aequalia porto.

Die mihi mensuras, sapiens geometer, istas, Non aliter Phœbi nomine dignus eris!

Solulio.

Unam asina accipiens, amiltens mulus et unam, Si fiant aequi, certè ulrique antè duobus Distabant à se. Âccipiat si mulus et unam Amittatque asina unam, lune distantîa fiet Inter eos quatuor. Muli at cùm pondéra dupla Sint asina?; huic simplex, mulo est dfstantia dupla : Ergô quatuor lantùm, mulusque babet oclo. Unam asina? si addas , si reddat mulus et unam, Tune ignota priùs tibi pondéra clara pafebunt; Mensuras quinque lnec, et septem mulus habebat.

Traduction.

« Une pauvre petite ânesse portait du vin, de compagnie avec un mulet, et gémissait de la pesanteur de son fardeau. Le mulet la reprit de ses plaintes en ces termes: « Ma mère, pourquoi pleurez-vous comme un enTant ? Si vous me donniez un de vos barils, j'en perlerais deux fois autant que vous; mais si vous eu preniez un des miens , nous en porterions autant l'un que l'autre. » Dites-moi , savant géomètre, le nombre de ces barils, et vous serez digne du nom de Phœbus ! »

Solution.

« Si l'ànesse en recevant un baril, et le mulet en en cédant un, portent l'un et l'autre un poids égal, il existait avant ce changement entre eux une différence de deux barils. Si, au contraire, le mulet en reçoit un que l'ànesse lui donne, la différence entre eux sera de quatre barils. Mais comme alors le fardeau porté par le mulet se trouve le double de celui de

l'ànesse, la différence du nombre des barils qu'ils portent est tout simplement double. L'ànesse ne serait donc chargée que de quatre barils , tandis que le mulet en porterait huit. Si vous ajoutez un baril à ceux que portait primitivement l'ànesse, et si le mulet en cède un, le nombre qu'en portait chacun d'eux, nombre que vous ignoriez d'abord, vous apparaîtra d'une manière évidente. L'ànesse en portait cinq, et le mulet sept. »

« Un jour, deux jeunes gens portaient des œuCs. L'un d'entre eux dit à son compagnon : « Donne-moi un de tes œufs. — Non, s'écria l'autre; donne- moi plutôt un des tiens, et alors j'en aurai deux fois autant que toi. » Dites-nous donc combien chacun avait d'œufs? »

Solution.

« Le premier avait autant d'œufs qu'un lustre a d'années ; le second en avait autant qu'il y a de planètes. »

« On peut exprimer cette question en différentes manières, ajoute Jacques Ozanam; en voici une en vers saphiques avec sa réponse :

Ova olim juvenes duo ferebant , Horum sic comitem lacessit alter :

Unum si dederis mihi tuorum Ovorum ; cui mox regessit alter :

Tu si mî dederis unum tuorum Duplo plura ego bajulabo quam tu.

Die ergô tulerit quot ova uterque?

Solutio. Tôt prior ova tulit, lustrum quot continet annos. Posterior vaga quot sidéra mundus habet. »

Assurément nous ne citons pas cette poésie comme un chef-d'œuvre ; mais tout en nous montrant l'amour

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