‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 301 sur 313 · chapitre xxv · texte numérisé non relu

chapitre xxv

adoré. Dans cette esquisse incomplète, nous n'avons point parlé de deux leçons restées inachevées : l'une où l'on devait voir la civilisation matérielle métamorphosée comme tout le reste : les demeures des anciens annoncent des hommes qui ne vivaient que de la vie publique , les nôtres sont faites pour la vie de famille. Quant aux édifices destinés à tous , au lieu de théâtres et de bains , lieux de corruption et de plaisir, le christianisme construit des écoles, des hôpitaux, des églises, pour le travail, la souffrance et la prière. Dans l'autre leçon se dessinent déjà les traits caractéristiques de chacun des peuples néo-latins : le Gaulois , habile à parler comme à combattre; l'Italien, né pour l'enseignement sacré et le gouvernement; l'Espagnol, avec son goût pour les aventures et son esprit d'apostolat. Mais surtout ce que nous n'avons pu même indiquer, c'est ce mouvement spontané, réglé pourtant, d'une pensée ardente et maîtresse d'elle-même ; cette plénitude de sens et cette richesse de détail dans un espace restreint avec art; cette multitude d'aperçus neufs et profonds; cette éloquence continue qui passionne tout, jusqu'à la métaphysique , jusqu'à la grammaire ; cet ensemble enfin qui fait qu'on peut dire de ce livre, « dominé par une pensée et rayonnant de mille souvenirs, » que chaque leçon est le produit de vingt années d'études habilement condensées dans une heure d'improvisation chaleureuse. Tel était ce cours qui devait durer dix années environ , embrassant chacune un des siècles si tourmentés et si dramatiques dont se compose le moyen âge. »

Nous terminons ce coup d'oeil rapide jeté sur les

œuvres principales cTOzanam par le jugement que porte M. Ampère sur un essai relatif aux écoles et à l'instruçtion publique en Italie aux temps barbares. Il a été placé à la suite du cours sur la civilisation au ve siècle, parce que l'époque à laquelle se rapporte ce travail est celle qui vient après le ve siècle, et le sujet qui y est traité forme comme une continuation de l'important ouvrage qui précède.

« Un tiers du second volume de la Civilisation au ve siècle est consacré aux écoles, et c'est peut-être la partie la plus complète et la plus neuve de ce travail , qui allait se perfectionnant toujours, à mesure que l'auteur s'éloignait lui-même de la jeunesse et s'avançait vers la maturité. H y a notamment dans l'histoire des écoles un exposé très curieux de la singulière francmaçonnerie littéraire de ces grammairiens qui pendant des siècles barbares inventèrent, comme un langage cabalistique pour leur usage secret, onze sortes de latin, outre le véritable. Il y est traité spécialement de ce grammairien de Toulouse qui au vie siècle prit modestement le nom de Virgilius Maro, et qui , sous d'autres noms empruntés à l'antiquité, a fait l'histoire de toute une série de maîtres inconnus qu'Ozanam a retrouvés avec des allusions aux événements contemporains qu'il a démêlées avec une rare sagacité. Il a apporté dans la discussion de cet étrange problème d'histoire littéraire, une vraie supériorité de critique et une grande nouveauté de résultats ' . »

Dans l'exposition des œuvres les plus importantes

1 Ampère, Biographie d'Ozanan , p. 21.

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