GÉNÉALOGIE DE LA FAMILLE DE FRÉDÉRIC OZANAM
Nous donnons ici , sous toutes réserves, la série de tous les noms qui la composent. Nous les empruntons à un manuscrit de notre vénéré père, qui nous a affirmé les avoir copiés sur des livres provenant de l'ancienne bibliothèque de Bourg-en- Bresse.
Ce qui pourrait être une preuve, ou du moins une vraisemblance en faveur de l'authenticité de la première partie de notre généalogie, c'est l'usage répandu chez tous les Juifs de conserver avec un religieux respect la lignée de tous leurs ancêtres, de génération en génération. Pour la seconde partie, une probabilité assez légitime nous semble ressortir du mode de numération employé ; car le changement des chiffres romains contre les chiffres arabes s'est opéré en Europe au xme et au xive siècle; et la première date en chiffres arabes pour notre généalogie est de 1283 , sur le livre où nous l'avons copiée.
Ozanam, préteur de la province des Ségusiens , chef de la famille, mort l'an 43 avant Jésus- Christ, l'année d'après celle où Jules César fut assassiné.
Jacob, son fils aîné, mort Tan VI de Jésus-Christ.
Ismaël XLV
Abimelech XCVII
Jérémie CLIII
Élie CCVI
Josaphat CCLXXIV
Zacharie CCCXXVI
Isaac CCCCI
David CCCCLXVI
Sem DXL
Samuel , second fils du précédent , continua la lignée, son aîné étant mort; Samuel mourut en DCIX
Ce fut ce dernier qui, ayant donné l'hospitalité à saint Didier, lorsque ce grand apôtre fuyait la persécution de Brunehaud , fut converti et reçut le baptême en 607 ou 608 , c'est-àdire à l'âge d'environ soixante -huit ans. Ses descendants suivirent la religion de leur père converti au christianisme.
Voici la suite de cette généalogie.
Petrus,néen DLXXV
Mauritius, mort en DCXXXII
Joseph DCCIV
Salomon DCCLXXI
Irénée DCCCXLIII
Matheus DCCCXCVI1
Aldéric DCCCCLX1V
Éloi MXX
Augustin MLXXV
Médard MCLVI1I
Rémy MCCXXVII
Clodomir . 1283
Siméon 1350
Norbert . U09
Martin '. 147l>
Antoine 1545
Noël 1617
Jacques 1620
Noël 1641
Pierre 1676
Antoine 1716
Pierre 17Ï9
Benoît, notre grand-père 1800
C'est à dater seulement de 1637 que nous possédons des papiers de famille qui pourraient servir de pièces justificatives pour ces cinq dernières générations.
Dans les archives du département de l'Ain, l'on trouve des actes passés au nom d'Ozanam qui remontent à la seconde moitié du xve siècle,' c'est-à-dire aux années qui suivent 1450. Mais on ignore leur degré de parenté avec les personnages de la généalogie que nous venons de citer.
ECHALLENS
Nous pensons être agréable au lecteur en citant ici une note qu'écrivait Frédéric Ozanam , à l'occasion d'un voyage en Suisse, et dans laquelle il parle des impressions que lui avait fait éprouver la visite du village d'Echallens *.
« Un de mes plus doux moments de ce voyage en Suisse , c'est la demi-heure que nous avons passée à Echallens. Nous n'avions ni calculé ni prévu celte station de notre pèlerinage. La chose s'était arrangée d'elle-même, comme tout ce qui s'arrange bien. Echallens se trouvait à moitié chemin de Lausanne à Yverdun. Je me rappelais que c'était le lieu où mon grand-père s'était retiré pendant les derniers mois de la Terreur, et dont ma mère m'avait si souvent parlé. Que n'aurais-je
1 Lettres, t. Il, p. 192.
pas donné pour connaître la maison qu'habita ma famille! Du moins je voyais le petit bois et les jolis sentiers où ils ail lient cueillir des fraises. L'oncle chartreux marchait le premier en éclaireur, et quand il avait découvert un nid de fraises, il appelait ses joyeuses nièces : « Venez, Mesdemoiselles, c'est « tout rouge ; » et l'on revenait avec des paniers tout pleins de ces jolis petits fruits que Ton mangeait avec du lait. J'ai visité l'cg!ise, dans laquelle ma bonne mère a fait sa première communion sous la direction de ce bon curé qui lui répétait : « Nous irons les deux, nous irons les deux en paradis. » Je l'ai trouvée comme ma mère l'avait décrite, partagée, hélas! entre les deux cultes l. Le sanctuaire réservé aux catholiques est fermé par une grille de bois. La nef commune aux catholiques et aux protestants. D'un côté, la chaire du curé et le baptistère; de l'autre, la chaire du pasteur et la table de la Cène. Celte chère église est bien misérable; cependant j'y ai prié avec plus d'émotion que de coutume; j'y ai remercié Dieu des gi aces qu'il avait faites en ce lieu même à la petite exilée. J'ai prié pour ma bonne mère, parce que c'est un de\oir de prier pour les morts; mais comme je la crois heureuse et puissanie dans le ciel, je lui ai demandé de veiller sur nous, de nous ai 1er à finir heureusement ce voyage trop long, et surluui d'obtenir à ses enfants quelques-unes de ses douces vertus. Ma femme et ma belle-mère priaient avec moi, et ma pe i'e Marie s'agenouillait bien sagement devant la grille du sanctuaire. Amélea voulu cueillir quelques fleurs sur la petite émimmee où s'élève l'église. Ces fleurs ne sont pas celles que fou'ail notre bonne mè e en allant à la messe, mais elles leur ressemblent, et plaise à Dieu que nous lui ressemblions autant. »
1 Aujourd'hui les catholiques ont leur église séparée : ils l'ont fait bâtir à eurs Irais.