UONNES ŒUVRES A PAKIS AVANT LA SOCIETE DE SAINT-VINCENT-DE-PAUL
Ozanam avait raison de dire (p. 187), en son nom et au nom de ses amis, que le reproche qui leur était adressé n'était que trop mérité. Mais il aurait pu rappeler, en cette occasion, que ce blâme qu'ils acceptaient humblement pour eux, ne devait en aucune manière rejaillir sur toute l'Église, car les œuvres de zèle et de charité ont toujours été le cortège inséparable de la foi chrétienne et du catholicisme.
Ozanam et ses amis ne vinrent donc point combler dans l'Église de Dieu une lacune qui n'existait pas. A Paris même, peu de temps avant cette époque, un nombre infini de bonnes œuvres parfaitement organisées s'efforçaient de soulager les misères de toute espèce qui fourmillaient comme toujours dans la capitale. Au sein de cette ville si féconde en scandales et en héroïques vertus, M. Bor Jeries, vicaire général de Paris, et plus tard évèque de Versailles, présidait et dirigeait encore, en 1830, une pieuse associât on dont les membres nombreux visitaient régulièrement les prisons et les hôpitaux, pour y porter les consolations de la religion. Ils instruisaient aussi les petits Savoyards et les préparaient à leur première communion. Les hommes les plus distingués, comme les simples étudiants, en faisaient également partie, et se trouvaient souvent employés aux mêmes œuvres. C'est ainsi que plusieurs fois nous nous sommes rencontrés au chevet des malades de l'hôpital de la Gnarité avec*M. le duc Matihieu de Montmorency, qui savait, par son humilité et sa charité fraternelle, faire disparaître la distance que sa naissance comme sa fortune semblaient avoir mise entre lui et nous qui n'étions que de pauvres é udiants.
Le flot impétueux et inattendu de la révolution de 1830, qui ût tant de ruines sur son passage , engloutit du même coup
la célèbre congrégation du P. Ronsin et l'association des bonnes œuvres de M. Borderies. Ces deux institutions, qui avaient offert un refuge et un appui précieux à plusieurs générations de jeunes chrétiens pendant leurs études, ne se trouvant plus en harmonie avec les idées politiques et libérales que le nouvel ordre de choses venait de faire éclore, auraient peut-être pu difficilement continuer avec succès leur bienfaisante mission. La divine Providence, toujours féconde en ressources, et dont l'infinie miséricorde sait si admirablement tirer le bien du mal, développa, à l'insu même de ceux qui lui servaient d'instruments, les germes d'une nouvelle association. Celle-ci ne devait plus se renfermer dans les étroites limites de la capitale, comme celles qui l'avaient précédée. Sa charité, comme celle de son saint patron, ne devait plus reconnaître de frontières, et l'univers entier allait devenir le théâtre gigantesque de ses œuvres, de son zèle et de son dévouement.
C'était la société de Saint- Vincent-de-Paul.