CHAPITRE I
succès l'engagea à concourir de nouveau, Tannée suivante, pour un prix proposé par la société de médecine de Montpellier, sur cette question : « Des maladies chroniques qui influent spécialement sur la poitrine. » Son mémoire fut encore couronné. Ces deux dissertations étaient écrites en latin , langue qui à cette époque était encore celle des sciences.
Le 23 avril 1813 il vit naître son cinquième enfant, Frédéric - Antoine , celui dont nous avons entrepris d'écrire la vie, et dont le nom devait être un jour l'honneur de sa famille.
La guerre de Russie touchait à sa fin désastreuse , lorsque les hôpitaux de Milan se remplirent de militaires malades et blessés, tant français qu'italiens et prisonniers autrichiens. Ozanam se dévoua avec générosité, et leur prodigua ses soins. 11 les assista même de ses faibles ressources. Le prince Eugène Beauharnais, alors vice -roi d'Italie, en reconnaissance de ses sersices, lui fit remettre la décoration de l'ordre de la Couronne de fer du royaume d'Italie , le 8 avril 1814."
Cependant, après les traités de 1 8 1 5 , les Autrichiens ayant repris possession de la Lombardie, Ozanam ne voulut pas se courber sous leur joug; il revint à Lyon, où sa femme comptait encore de nombreux parents. I! y arriva en octobre 1816. L'année suivante, il concourut pour une place de médecin à l'Hôtel- Dieu, et ses efforts furent couronnés de succès. Suppléant jusqu'en 1823, il devint titulaire cette même année, au 1er octobre, et accomplit ses dix années de services.
Il fit alors paraître un ouvrage important , intitulé : Histoire médicale générale des maladies épidémiques
contagieuses qui ont régné en Europe , depuis les temps les plus reculés , et notamment depuis le xive siècle , jusqu'à nos jours. Il avait travaillé pendant six ans en Italie à cette grande nosographie, puisant les matériaux à Milan dans la magnifique bibliothèque de Brera, et à Pavic dans celle de l'Université. Cet ouvrage eut d'abord cinq volumes in- 8°. Une seconde édition , quoique imprimée seulement en quatre volumes, offrit de notables additions , surtout relativement au choléra -morbus, qui commençait alors à pénétrer en Europe.
Cette histoire des épidémies, justement appréciée par les professeurs de l'Ecole de médecine de Paris , a été souvent citée avec éloge dans leurs leçons.
Il fît publier à Paris, chez Dentu, un volume in- 8° sur la dernière campagne de l'armée franco-italienne sous les ordres du prince Eugène Beauharnais , en 1813 c^ e?2 1814. Ce livre parut en 1817, sans le nom de l'auteur, et eut beaucoup de succès. ' La même année, il faisait imprimer à Lyon un opuscule qui avait pour titre : Conseils aux bonnes mères.
Au milieu de tous ces travaux , il fut soumis à une bien cruelle épreuve. Élisa, l'aînée de tous ses enfants, âgée de dix-huit ans, atteinte d'une méningite aiguë, expira après dix jours de maladie. Cette perte fut d'autant plus douloureuse pour Ozanatn, que cette jeune fille était un modèle de piété et de vertu. Elle avait un jugement, une raison au-dessus de son âge. Sa gaieté spirituelle et pourtant naïve faisait la joie de la maison. Remplie de moyens, elle parlait fort bien l'italien et l'anglais, dont elle connaissait parfaitement