‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 59 sur 313 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

comme dans les jours prospères. Apprenez-leur à aimer la vertu; d'aulres, hélas! leur auront appris à souffrir les plus grands maux. Vous serez pour eux une seconde mère ; vous formerez au bien leur àme encore si tendre. Vous leur inspirerez un grand courage dès le jeune âge. Ils sauront, grâce à vos leçons, qu'il ne faut pas plus se laisser abattre dans le malheur que s'enorgueillir dans la prospérité. S'il leur est donné un jour de ressaisir le sceptre de leurs pères, qui n'est bien souvent qu'une triste servitude, et de voir refleurir la paix publique sous leur autorité , qu'ils aiment toujours la France ; qu'ils aient toujours un esprit de mansuétude ; que jamais le moindre désir de vengeance n'entre dans leur pensée; qu'ils ne songent jamais aux outrages faits à leur famille; qu'ils aient constamment sous les yeux l'image de leur père, toujours si bon, et l'exemple de ma résignation. Qu'ils aient surtout leurs regards élevés vers le Christ, qui, en mourant, demanda pardon à son Père pour ses bourreaux... Mais j'entends les verrous rouler sur leurs gonds, l'exécuteur m'appelle. Adieu, ma sœur: adieu pour toujours. Je ne puis plus rien vous dire... »

Laissons maintenant ces tristes et sombres souvenirs , pour mettre sous les yeux de nos lecteurs quelques strophes alcaïques qu'Ozanam composa comme pour rivaliser avec l'Antienne Regina cœli, lœtare, que l'Église chante pendant le temps pascal. Il exprime les sentiments du tendre amour et de la confiance filiale qu'il avait pour la sainte Vierge. Nous puisons ce morceau à la même source que le précédent :

Regina claris sideribus nitens , Demitte luctum, peclore noxias Dispelle curas ; terge vultus Fletibus assiduis risratos.

Nunc plaudat oinnis Christiadum cohors; Nunc blanda cantet fistula cum lyrâ.

Cœlique resplendens juventus Carminibus resonet canoris.

0 Virgo, pectus lœtitiae luum Hic trade, longis functa laboribus Cordi salubretn affer medelam , Et veteres remove dolores.

Qui vult vocari virginis integrae Divina proies, victor ab hostibus Et morte prostratâ triumphans iElhereas repetivit arces.

Sedem Patemanj prœvius attigit, Matremque clemens in gremium vocat, Hic ille quem palo dolebas Sanguinereque cruci revinctum.

I, Virgo, nati lœta sinum pete, Et casta sacras oscula per gênas Confige, formosis in aulis Yirgineà redimita lauro.

Sed tu tuorum sis memor, ô pia, Nostri mémento, votaque flammea Profunde : non natus parenti Omnipotens veniam negabit.

Ozanam.

Voici la traduction de M. Legeay :

« O Reine couronnée des étoiles brillantes des cieux, mets fin à ta tristesse, repousse le chagrin loin de ton cœur, et essuie les larmes dont fut baigné ton visage. Qu'aujourd'hui toute la cour céleste applaudisse; que les plus ravissantes harmonies charment les élus , et que les chœurs des anges fassent entendre leurs plus doux accents. — Et toi, ô Vierge, laisse

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