‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 64 sur 313 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Frenarc fatum nulla polest mora :

Non ipsa virtus, non humiles preces, Non vicliraœ centum valebunt Indomilam cohibere mortem.

Velut nivoso culmine montium Per saxa torrcns spumeus irruit, Qucrcusque disjectas domosque Abripit , oppositasque moles,

Sic vita promptà dulcis abit fugâ; Vix prima cœpit surgere luminis Aurora; cœlo lucet ab alto Vesper,et horritla nox propinquat.

Infaustus eheu! vix homo languidas Cunas rclinquit, jam tremulo pede Pressit sepulcrum, vixque nascens Jam moritur, repelitque finem.

Frustra coronis tempora cingimus, Frustra fragrantes cùm violis rosas Nectimus, curasque dulci Diluimus tetricas falerno.

Frustra triumphans pulvere martio Exsultat héros per médias neces, Lœtusque laurorum décoras In patriam segetes exportât :

Frustra disertus carminibus sibi Poëta nomen nobile consecrat, Et gaudet aeternis perennem Versibus obtinuisse famam :

Linquenda tellus, famaque, vitaque, Linquenda conjux, et teneri simul Nati et sodales : nosque cunctos Régna manent tenebrosa Ditis.

Quin ergô dulcem quaeriinus intimas Mentis quietem? quin Superum brevi Dono ulimur, virtuteque annos Assiduâ colimus fugaces?

Eheu! sociales, crédite, crédite:

Festina pennis hora cilis mit, Et nos brevi pernice cursu Acta trahet, rapietque secum.

Ozanam.

Ode sur la brièveté de la vie.

« Voyez l'aigle impétueux, armé des foudres du dieu du tonnerre, voyez -le s'élancer du haut des cieux sur de timides oiseaux et enlever rapidement sa proie ; ou voyez l'ardent coursier, dès que le son de 'la trompette a donné le signal, se précipiter dans l'arène olympique, et arriver aussi vite que l'éclair: avec la même rapidité, ô mes amis, s'écoulent nos années pour ne plus revenir. Ainsi fuit loin de nous la douce jeunesse, et le temps se hâte de nous conduire aux vieux jours. Rien n'arrête la marche de nos années. Le destin est inexorable, rien ne l'empêche de frapper ni la vertu, ni les humbles prières, ni les innombrables victimes que vous aurez immolées. De même qu'un torrent grossi par la fonte des neiges tombe en écumant du sommet des montagnes, se fait jour à travers les rochers et entraîne avec lui les arbres et les maisons qui s'opposent à son passage, aussi précipitamment fuit la douce vie; à peine la première aurore s'est-elle levée que déjà l'étoile du soir brille au ciel , et amène la nuit sombre. O malheur de l'homme! oui, à peine il a cessé de languir et de pleurer dans son berceau, qu'il approche en tremblant du lieu de sa sépulture. Il finit et meurt quand à peine il a commencé à vivre. En vain nous nous pressons de couronner nos fronts, de tresser la violette avec la rose odorante, et de noyer nos soucis dans un doux falerne; en vain le guerrier a bravé la mort pour trouver la gloire dans les batailles , et est revenu avec joie couvert de lauriers dans sa patrie; en vain le poète

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