CHAPITRE II
T'apprennent à quel prix l'homme peut du Seigneur Insulter la grandeur.
Mais quel astre inconnu vient frapper ma paupière? Du secret avenir le voile est déchiré.
Je vois un jour hrillant , des torrents de lumière , De célestes clartés mon cœur est enivré, J'y sens renaître enfin l'allégresse et la joie : Le Destin se déploie.
Où vont-ils ces guerriers? au travers des déserts, Je les vois s'avancer vers nos tristes collines, Comme l'aigle superbe ils ont fendu les airs , Ils relèvent Sion du milieu de ses ruines, Le temple reparaît, et les remparts détruits Sont déjà reconstruits.
Mais quel nouyeau soleil éclatant à leur tête Éclaire de ses feux les tribus d'Israël? Il présage déjà la fin de la tempête, C'est toi..., c'est toi, mon fils..., heureux Zorobabel Qui conduis en ces lieux ces bataillons fidèles ; Vents, prêtez-leur vos ailes.
Console-toi, Sion, essuie enfin tes pleurs, Je vois fumer l'encens sous tes sacrés portiques; Ton peuple a pour jamais oublié ses douleurs, Il revient dans le temple entonner ses cantiques , Et présenter à Dieu les prémices des champs Désormais florissants.
Et toi, reine superbe, altière Babylone, Où chercher ta grandeur, où chercher tes débris ! Le Seigneur en courroux a brisé ta couronne, Ton trône est renversé, nos vœux sont accomplis. Mais toi , Jérusalem , garde de méconnaître Ton Sauveur et ton Maître.
Il dit : Zorobabel, par ces mots consolé, S'empresse de revoir son peuple désolé, Et, béni par la main du sage Jérémie , Va reprendre ses fers et quitte sa patrie.
Les sonnets du Tasse à ses chattes.
Traduction en vers latins.
Qualis, quum piceis horrida nubibus Tetnpestas rabidi per maris ingruit Fluctus terrificos, nauta tumens polo
Quœrit sidéra flammeo, Sic cum me tenebris carceris asperi Sors claudit miserum, quœro gemens tuos, 0 fêles , oculos , 'sidéra quaj velut Umbrarum in medio micant.
Fêles quin etiam te sequilur minor Ursam ceu sequitur noctibus in nigris Majorem Ursa minor. Lumina vos mea,
Fêles , vos amor et meus !
Vos servent superi verbere fustium, Pascantque egregio lacteque carneque :
Lucem sed misero vos date, talia Chartis dum noto carmina.
Traduction française:
« De même que lorsque la tempête couvre le ciel d'une nuit sinistre, et soulève les flots avec un bruit épouvantable, le matelot tremblant cherche à travers les nuages en feu les étoiles qui doivent diriger sa marche; ainsi, au fond de ce ténébreux cachot où l'adversité m'a si malheureusement jeté, je cherche tes yeux, ô belle chatte, et il me semble en les voyant que j'aperçois l'étoile polaire qui rend l'espérance au milieu de l'orage. Je vois encore un autre petit chat, et je crois alors avoir devant moi la grande et la petite Ourse! O chats! lumière de mes travaux, ô chats, que je vous aime!