CHAPITRE III
Pourquoi nourrir ainsi celle infâme avarice? Et qu'avons-nous besoin de ces viles rançons? Les Français n'ont-ils pour se rendre justice Et des soldats et des canons?
Oui, l'honneur vous appelle aux terres élrangères; Peuple de saint Louis, levez-vous, armez-vous : C'est la perfide Alger, la ville des corsaires, Qu'il faut écraser sous vos coups.
Les méchants! on a vu leurs navires rapides, S'élancer au-devant des faibles voyageurs , Et les nochers d'Alger portent leurs mains avides Sur vos filles et sur vos sœurs.
Hélas! et maintenant, malheureuses captives, Dans le sérail impur d'un forban odieux, Jour et nuit vers le ciel montent leurs voix plaintives Et vers vous se tournent leurs yeux.
Entendez-vous les cris de ces pauvres esclaves? Ce sont tous des chrétiens qui vous tendent les bras : Ils vous conjurent tous de briser leurs entraves, Et vous ne les entendez pas!
Et vous pouvez encor porter l'ignominie De vos frères laissés aux mains des mécréants ! Vous voyez d'un œil sec votre triste patrie Vous redemander ses enfants!
La France vous appelle aux terres étrangères ; Peuple de saint Louis, levez- vous, armez-vous: C'est la perfide Alger, la ville des corsaires, Qu'il faut écraser sous vos coups.
Aveugles criminels, ils vont à leur ruine Sans lever le bandeau qui couvre leurs regards : Ils n'ont pas vu la guerre et la famine Planer autour de leurs remparts.
En vain, pour les sauver, un roi clément et sage, En signe de pardon leur a tendu la main; Ces écumeurs de mer, dans l'excès de leur rage, L'ont repoussée avec dédain.
Ils ont mis leur espoir dans leurs murs formidables. A l'abri de leurs murs ils s'endorment en paix. Mais quand donc a-t-ori vu des remparts imprenables, Imprenables par des Français?
Déjà l'ordre suprême est émané du trône : Marchez, vaillants guerriers, le signal est. donné. Allez exterminer cette autre Babylone ; Allez, car son heure a sonné.
Votre roi vous appelle aux terres étrangères; Peuple de saint Louis, levez -vous, armez- vous: C'est la coupable Alger, la ville des corsaires, Qu'il faut écraser sous vos coups.
Faites gronder sur eux les feux de la tempête; Faites tomber soudain leurs plus fermes soutiens ; Il est temps de montrer aux enfants du Prophète Tout ce que peuvent des chrétiens.
Renversez, détrônez l'imposteur deMédine, Abattez ce croissant qui fit trembler les rois. Soldats du Dieu vivant, sur ces murs en ruine Plantez l'étendard de la croix.