‹ Vie de Gerbert premier pape français sous le nom de Silvestre IIChapitre 2 sur 28 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Gerbert. — Sa Famille. — Ses études à Aurillac. — Arrivée de Borel, comte de Barcelone.

Gerbert naquit vers le milieu du dixième siècle , à Aurillac ou dans les environs , sans que Ton puisse fixer ni le lieu ni la date de sa naissance. Richer, son disciple et son ami , se contente de nous dire qu'il était Aquitain d'origine et qu'il fut élevé dès l'enfance dans le monastère de Saint-Gérauld , où il apprit la grammaire. Dans les âges suivants , des moines , confondant les noms latins d' Aurillac et d'Orléans (Aureliacum, Aurelianum), le firent naître dans cette dernière ville et instruire à Fleury-sur-Loire ; d'autres désignèrent comme sa patrie Reims , où il avait passé les années les plus heureuses de sa vie. Richer se tait sur sa famille , que tous les chroniqueurs s'accordent à déclarer obscure^

Ughelli appelle son père Bénédict , le dominicain Bzovius le nomme Agilberi ou Angelpert.

Il compte parmi ses ancêtres le roi des Arvernes Bituitus , la gens Cœsia de Rome , et il lui donne pour alliés les princes de la famille royale de Saxe et de France.

Une lettre de l'empereur Othon III au pape G. , son parent , recueillie dans la correspondance de Gerbert était le titre sur lequel il appuyait cette illustre parenté. Bzovius ne songeait pas que Brunon , cousin de ce prince , avait occupé , sous le nom de Grégoire V, le trône de saint Pierre : que c'était à lui qu'était adressée cette lettre , et que Gerbert, en prenant la tiare , s'était fait appeler Silvestre II. Nous ne savons pas comment il remontait au roi des Arvernes et à la gens Cœsia.

Gerbert étudia , sous le moine Raymond , la grammaire , qui comprenait , outre ce que nous entendons par ce mot , l'explication des poètes. Malgré sa vive intelligence , il semblait destiné à mener dans son couvent une vie paisible et sans éclat, lorsque l'arrivée d'un seigneur étranger lui fournit l'occasion d'aller acquérir ailleurs une instruction qui devait lui préparer un avenir brillant et fort agité [967].

Ce seigneur était Borel , comte d'Urgel, qui avait succédé, cette même année, à son cousin Séniofrid, dans le comté de Barcelone. Richer nous dit que Borel était venu pour prier. A une époque où les pèlerinages à Jérusalem, à Rome, aux sanctuaires les plus vénérés de l'Europe étaien t fréquents , ce motif devait suffire pour attirer en Auvergne le comte de Barcelone, sans y joindre des intérêts de politique ou de famille , que Ton ne saurait prouver. L'abbé , informé par le noble voyageur que l'Espagne possédait des hommes éminenls dans les lettres et les sciences , lui confia Gerbert, avec l'approbation dos moines.

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