CHAPITRE XX
Gcrbert écrit contre Rome. — Défection dé la cour
«le France.
Dans ce déchaînement général des esprits contre Gerbért , l'archevêque de Strasbourg , Wilderode , lui fit demander par un messager l'exposé de son affaire. Gerbert , touché de la démarche de ce prélat fort considéré dans les contrées du Haut- Rhin , lui adressa une longue lettre , qui peut servir de complément aux actes du concile de Saint-Basle. C'est un plaidoyer où les autorités admises par l'Eglise sont appréciées, classées. Il met au premier rang , et hors de toute contestation , l'Ecriture sainte , les Prophètes , les Apôtres ,
les Conciles généraux, la tradition constante et universelle , puis il discute la valeur des lettres , des constitutions des papes émanant en grande partie des fausses décrétales. Comme son prédécesseur Hincmar, qu'il cite sans cesse tout en remontant aux sources , il est frappé de l'incohérence y de la contradiction de leur doctrine avec les usages établis, avec les décisions des synodes, Il soutient que ces écrits des papes ne se rapportent qu'à des faits locaux, accidentels, qu'ils n'ont aucun caractère d'universalité , de perpétuité. Us n'ont pas élé sanctionnés par les conciles , qui seuls peuvent leur donner l'autorité ; ils sont même souvent opposés à leurs canons.
L'argumentation de Gerbert est serrée , son langage ferme et respectueux. Après ces préliminaires , il aborde le procès d'Arnulf e ; il résume les raisons qui ont fait agir les évêques , renvoyant pour les détails au récit du synode, dans lequel il affirme que les règles de la justice ont été observées , que l'on a suivi toutes les prescriptions de la loi. Dieu , les conciles ordonnent de frapper les coupables. Il faut obéir à Dieu ; l'univers est plus que Rome ; le privilège de saint Pierre n'a plus
de valeur, dit le grand pape Léon, si son jugement ne procède pas de 'l'équité.
Gerbert s'efforce à la fin de sa lettre de toucher le cœur de Wilderode. Il rappelle sa vie studieuse, ses malheurs ; il assure qu'il n'a point sollicité le siège de Reims; c'est malgré lui qu'on l'y a placé. « Si vous en demandez la raison, j'avoue que je » ne la connais pas. J'affirme que je ne sais pas » pourquoi un homme pauvre , exilé , qui n'était » soutenu ni par la naissance ni par les richesses, » a été préféré à une foule de gens riches , distin- » gués par la noblesse de leur famille , si ce n'est » un acte de ta bonté , doux Jésus , qui élèves le » pauvre du fumier pour le faire asseoir avec » les princes et lui donner le trône de gloire. Tu » es l'auteur etl'ordonnateur de toutes ces choses. » Tu sais , toi , Dieu de paix et de charité , que » j'ai toujours honoré la, Germanie comme ma » souveraine , que je l'ai respectée comme ma » mère.... et maintenant c'est à toi, bon Jésus, » que je redemande les douces affections que j'ai » perdues. Je prie ton prélat Wilderode de me » faire recouvrer la faveur dont je suis injus- » tement privé ; je le prie de témoigner de mon
» innocence auprès des évêques , auprès de son » roi. Mon dévouement à la cause d'Othon III » m'a exposé , du temps du roi Lothaire , aux
» glaives de ses ennemis Toute l'église de
»• France gémit dans la servitude On dit que
» Rome elle-même, considérée jusqu'à ce jour » comme la mère de toutes les églises , maudit » les bons, bénit les méchants ; qu'ellè est en com- » munion avec ceux que l'on ne devrait même » pas saluer; qu'elle condamne ceux qui sont » pleins de zèle pour ta loi : qu'elle abuse du » pouvoir que tu lui as confié de lier et de délier ! » mais toi, ô Jésus, tu n'examines pas la sentence » des préfets , mais la vie des accusés , et il n'est » pas donné à l'homme de j ustifier l'impie , de con- » damner le juste ! »
Gerbert envoya trois jours plus tard cette apologie à. l'évêque de Liège. Il saisit cette occasion pour rappeler à Notgaire l'amitié qui les unissait autrefois , pour lui exprimer le regret de l'avoir perdue, la joie qu'il aurait de la recouvrer. Il protestait de son innocence, de la validité de son élévation sur le siège de Reims. Il aurait voulu pour la faire éclater au grand jour , un concile de tous les évêques du globe, il 'en sollicitait un de tous les
évêquesdu royaume, ses ennemis pourraient y disputer librement contre lui.
Quelque temps après , il y eut en effet à Chelles, sous la présidence du roi Robert , un synode des archevêques de Sens , de Bourges , de Tours et de leurs suffragants. Gerbert en fut le secrétaire. Son procès- verbal est perdu ; mais les décisions conservées par Richer prouvent que les principes soutenus à Saint-Basle n'étaient pas abandonnés.
11 fut arrêté , entre autres choses : que les évoques n'auraient , à partir de ce jour, qu'une seule pensée , une seule volonté , une seule action ; que si le pape prenait quelques mesures contraires aux décrets des Pères, elle serait annulée. Ils soutinrent que la déposition d'Arnulf e et la promotion de son remplaçant étaient irrévocables, d'après ce canon : « Que personne n'attaque témérairement ce qui » a été statué par un concile provincial. »
Gerbert était encore sous la douce émotion de ce succès, quand il apprit que le pape avait suspendu les évêques qui s'étaient déclarés , à Saint-Basle , contre le fils de Lothaire , et que l'archevêque de Sens était fort ébranlé dans sa résolution.
Si le vénérable Siguin se soumettait aux ordres de Rome, son exemple devenait contagieux; la
cause de Gerbert était perdue. Gerbert le comprit. Il retrouva dans ce moment critique, loule sa verve, toute son activité, toute son audace contre le Saint-Siège.
« 11 aurait fallu , écrivit-il à Siguin , que votre » prudence eût évité les fourberies des gens rusés » pour entendre cette parole du Seigneur: « Si » Ton vous dit: le Christ est ici ou bien il est là, » ne les suivez pas. » C'est à Rome, dit-on, que » Ton justifie ce que vous condamnez, que Ton » condamne ce que vous croyez juste. Et nous » disons, nous, que c'est à Dieu seulement et » non point à l'homme de condamner ce qui pa- » raît juste, de justifier ce qui est réputé mau- » vais. Dieu, dit l'apôtre, est celui qui justifie, » quel est celui qui condamne? Comment donc » nos adversaires prétendraient-ils que , pour la » déposition d'Arnulfe , il eût fallu attendre le » jugement de l'éveque de Rome? Pourront-ils » soutenir que le jugement de l'évéque de Rome » est supérieur au j ugement de Dieu? Mais le pre- » mier des évôques de Rome, bien plus , le prince » des apôtres nous crie : Il faut obéir à Dieu plutôt » qu'aux hommes; et saint Paul, le docteur de » toute la terre ; « Si quelqu'un vous prêche une
» doctrine contraire à celle que vous avez reçue., » quand ce serait môme un ange , qu'il soit ana- » thème! Eh quoi, parce que le pape Marcellin » avait offert de l'encens à Jupiter, tous les évô- '» ques devaient-ils en offrir? 1 Je l'affirme sans » hésiter : Si l'évêque de Rome a péché 4 contre » son frère, s'il a refusé d'écouter les avertisse- » ments de l'Eglise , cet évêque de Rome doit , par » l'ordre de Dieu , être traité comme un païen et » unpublicain. Plus en effet le rang est élevé, plus » la chute est dangereuse. S'il nous juge indignes » de sa communion , parce que personne parmi » nous ne se joint à lui contre l'Evangile, sa main » ne pourra pas nous retrancher de la commu- » nion du Christ, puisque même un prêtre ne peut » pas être déposé , sans que la faute soit prouvée » ou qu'il l'avoue; surtout lorsque l'apôtre dit : » Qui nous séparera de la charité du Christ? et
1 Immemor est Gerbertus Dominiez vocis : Qitœcunque diœerint vobis servate et facite, secundum opéra vero eorum nolite facere. Non defore plurimos confidimus, quibus hic et alibi Gerbertus libertatum, utvocant, Gallicanarum strenuus videatur assertor. Certe enim papam se renunciandum non prospiciebat auctor, cum hanc scribebat epistolam. Rer. Gall. script, t. X, p. 413, noie B.
» ailleurs : Je suis certain que ni la mort ni la vie , » etc. , etc. Et quelle plus grande séparation que » d'éloigner un fidèle , quel qu'il soit, du corps et » du sang du Fils de Dieu, qui tous les jours s'im- » mole pour notre salut? Si celui qui se ravit a » lui-môme, ou qui ravit à un autre la vie de ce » monde est un homicide, comment appeler celui » qui se ravit à lui-même ou qui ravit à un autre » la vie éternelle?.... Vous n'avez donc pas dû » être suspendu de la sainte communion , comme » un criminel avéré ni comme un rebelle et un » récalcitrant, puisque vous n'avez jamais éludé. » les saints conciles, que vos actes sont purs, votre » conscience pure, puisque vous n'avez pas encore » été condamné légalement et que vous ne pouvez » pas l'être. Il n'y apaseu de condamnation légale, » parce que , comme dit Grégoire , une sentence » sans écrit ne mérite pas le nom de sentence. » Il ne peut pas y en avoir, parce que, comme dit » le pape Léon-le-Grand , le privilège de Pierre » cesse, dès que son jugement ne procède pas » de l'équité. Il ne faut donc pas donner à nos » adversaires l'occasion de penser que l'épiscopat, » qui partout est un , comme l'Eglise catholique? » est une, soit tellement soumis à un seul homme»
» que, si celui-ci est corrompu par l'argent , par la » faveur , par la] crainte ou par l'ignorance , il ne » puisse y avoir pour lui d'évêque que celui que » recommanderont les mômes titres. Que la loi » commune de l'Eglise catholique soient : l'Evan- » gile, les Apôtres , les Prophètes , les canons ins- » pirés par l'esprit de Dieu, consacrés par le res- » pect du monde entier , les décrets du Saint-Siège » qui ne s'en éloignent pas ; et que celui qui s'en » sera écarté par mépris soit jugé par elle, que par » elle il soit rejeté. Si Pierre les respecte, s'il les » exécute dans la mesure de ses forces, qu'il » jouisse d'une paix continuelle et continuel- « lement sempiternelle I
» Pour vous, adieu, cent quatre-vingt-cinq » fois adieu î Ne vous laissez pas suspendre des » saints mystères. Le silence de l'accusé devant » le juge est un aveu , et la soumission à la peine » prononcée par le juge est encore un aveu. Or, » l'aveu est une cause de salut ou de perte. De » salut, quand on dit vrai; de perte, quand on » invente ou qu'on laisse inventer par d'autres, >* sur soi-même, des choses fausses. Donc, se taire » devant le juge, c'est avouer : or, avouer des » crimes faux et qui entraînent la mort, est le
» rôle d'un homicide , et le plus grand homicide » est celui qui occasionne sa mort. Il faut donc >> repousser une accusation fausse , il faut mé- » priser un jugement illégal , afin de ne pas se » rendre coupable aux yeux de l'Eglise, en voulant » paraître innocent. »
Cette insistance de Gerbert pour raffermir l'archevêque de Sens , pour l'empêcher de se rendre aux menaces de Rome , nous montre l'agitation de son âme. Elle paraît aussi dans sa lettre à l'impératrice Adélaïde , qui , depuis la mort de Théophanie, dirigeait, avec le cœur d'une mère et l'énergie d'un homme , les Etats de son petit-fils. La fidélité, la vérité, la piété, la justice, avaient toujours élu leur domicile dans son cœur, disait Gerbert. Il se réfugiait, comme un suppliant, auprès d'elle, comme dans le temple spécial de la miséricorde ; il sollicitait ses conseils salutaires , sa protection. Toutes les haines s'accumulaient sur sa tête, ses ennemis demandaient sa vie et son sang , et , pour comble de malheur, Rome, qui aurait dû le défendre , Rome elle-même tonnait contre lui.
Au milieu de ces efforts de Gerbert pour exciter le zèle de ses amis; survint un événement qui
pouvait, suivant les circonstances , lui servir contre Rome ou faciliter sa condamnation. Le comte Eudes étant mort dans les premiers jours de février, Robert avait répudie sa femme Suzanne pour épouser la veuve de ce seigneur. Ce fut un grand scandale : les lois de l'Eglise repoussaient comme incestueuse une alliance entre parents, jusqu'à la quatrième et même jusqu'à la septième génération , et les grand'mères des deux époux étaient sœurs. En outre , Berthe et Robert, en tenant ensemble un enfant sur les fonts baptismaux, avaient contracté une alliance spirituelle, qui ne leur permettait pas, d'après les canons, de s'unir en mariage. Aucun membre du clergé de France ne condamna * ouvertement cette conduite criminelle du jeune roi. Rome devait se montrer moins indulgente ; elle délégua Léon, abbé de Saint-Bonifacc , avec pleins pouvoirs pour juger les deux questions.
Les ennemis de Gerbert recommencèrent leurs
1 Helgau J dit que Pabbé de Fleury fit des reproches au roi. Rer. Gall. script, t. X, p. 100. Le silence d'Aimoifl, l'affirmation contraire de Richer, 1. IV, c. 88, permettent de douter de l'exactitude du biographe de Robert.
attaques; on disait que la cour de France l'abandonnerait à la colère du Saint-Siège, afin d'en obtenir la confirmation du mariage de Berthe. Gerbert connaissait trop l'esprit de son temps pour ne pas être alarmé de ces bruits. Il essaya de présenter sa cause comme une affaire d'un intérêt général. D'après lui, condamner son élévation, c'était condamner le jugement qui avait frappé Arnulfe , condamner sa longue captivité. Dès lors, les ordonnants, l'ordonné , ceux qu'il a ordonnés seront attaqués; les rois eux-mêmes sembleront avoir péché dans chaque péché. Si on le frappe lui , Gerbert , personne ne pourra plus se flatter de conserver sa dignité, qui ne dépendra plus désormais du droit , de la nature des choses , mais uniquement de l'indulgence des juges.
C'est là ce qu'il écrivait à son ami Constantin. 11 se plaignait à l'abbé et aux frères d'Aurillac que sa nomination à l'archevêché de Reims , faite par la grâce de Dieu, tandis que pour la cause de Dieu il fuyait cette ville, eût excité contre lui toutes * les haines. Il n'avait pas été possible de le renverser par la force , on avait recours aux armes plus dangereuses de l'interprétation des lois et de la chicane. « À mon aide, s'écriait-il , à mon
» aide, révérends Pères! versez des prières aux » pieds de l'Eternel pour votre nourrisson, se- » courez-moi ! La victoire du disciple est la gloire » du maître. Si j'ai quelque peu de savoir, c'est » à votre abbé, à mon père Raymond, que je le » dois après le Seigneur ! » Sa lettre finissait par ce cri douloureux : « Et maintenant , adieu corn- » munauté sainte, adieu ceux que j'ai autrefois » connus , ou qui me sont unis par le sang , s'il en » survit quelques-uns ! Leurs noms m'échappent , » mais je n'ai pas oublié leurs traits. Ce n'est » pas l'orgueil qui les a effacés de ma mémoire , » mais épuisé par la férocité des Barbares, je » suis complètement changé. Ce que j'ai appris » dans mon adolescence , jeune homme je l'ai » perdu; ce que j'ai ardemment désiré dans ma » jeunesse, vieillard je l'ai méprisé. Voilà vos » fruits, ô joies dû monde! voilà les jouissances » que donnent les honneurs! Croyez-en mon ex- » périence , plus la gloire élève les grands au » dehors , plus à l'intérieur les angoisses les déi> vorent! »
La douleur, les soucis de Gerbert n'étaient que trop fondés. Ses ennemis levaient partout la tête; la défection avait pénétré jusque dans son
palais. Ses soldats conspiraient conire lui; les clercs refusaient de manger à sa table, d assister aux offices divins quand il les célébrait. Un nouveau compétiteur au siège de Reims s'était déclaré : c'était Gibuin , neveu de l'évêque de Chàlons , qui avait envahi, à la leted'un corps de troupes, les possessions de l'archevêché, Gerbert fut obligé de s'enfuir en Allemagne.
Ce triomphe ne suffisait pas à ses adversaires qui voulaient l'avoir sous la main , l'envoyer peutêtre remplacer Arnulfe dans sa prison. La reine de France, Adélaïde, mère de Robert, cédant à leurs instances ou excitée par l'espoir de concilier à son fils la faveur du légat, pour légitimer son mariage, voulut par une lettre doucereuse l'engager à rentrer dans sa métropole, mais elle finissait par cette menace : « Sachez que si vous faites peu » de cas de notre avertissement , nous userons , » sans que vous puissiez nous le reprocher, des » biens , des conseils de nos fidèles. »
Gerbert en eut l'âme percée. On lui écrivait de Reims que sa déposition, que le rétablissement d'Arnulfe étaient concertés avec le légat. Il répondit à la reine : « Quand donc , pendant mon » épiscopat, ne vous a-t-il pas été permis ou ne
» vous le sera-t-il pas d'user de mes biens, de » recourir à mes conseils? Etait-ce plus facile sous » Arnulfe? Mais il vous a enlevé, par la ruse et » par la fraude cette ville de Reims , que moi , à » force de veilles, à force de fatigues, je vous ai » conservée contre les ruses et les fraudes d'une » foule de gens. Il est trop étonnant que vous ne » compreniez pas les pièges que vous tendent vos » ennemis! Ceux qui lâchent de rétablir Arnulfe » sur son siège, afin de bouleverser vos Etats, ne » pensent pas que ce soit sans danger pour eux , si » d'abord ils ne me perdent, n'importe par quel
» moyen Je connais votre bonté admirable,
» votre affection pour moi , si je ne puis y répon- » dre par des actes, j 'y répondrai par mes vœux . . . » Mais ne songeons pas à moi , que la grâce de » Dieu sauve de tout danger , qu'elle place , en ce » qui me concerne , dans un parfait état de bon- » heur. Parle terrible nom du Pieu tout-puissant, » je vous prie, je vous conjure de venir, si vous » le pouvez , au secours de l'église de Reims, qui » est désolée , broyée. Si l'église qui est la tôle » du royaume des Français périt, il faut néces- » sairement que les membres périssent! Etcom- » ment ne périrait-elle pas, placée entre deux
» hommes, comme entre l'enclume et le marteau ,
» vaisseau abandonné sans pilote aux vagues de
» la mer? » Il rappelle tout ce qu'il a eu à souffrir
à Reims, puis il ajoute: « Et vous m'engage/ à
» revenir! et, pour aggraver les maux que j'en-
» dure, vous recourez aux menaces! Qu'est-ce
h donc, ô Majesté divine ! me croit-on tellement
» insensé, tellement abandonné de toi, que je ne
» voie pas les glaives suspendus sur ma tôte ou
» que je trouble ton Eglise par un schisme? Pour
» moi, je distingue sans peine les fourberies des
» méchants et, s'il le faut, je défendrai par ma
» mort, l'unité de l'Eglise contre le schisme. Je
» vous prie, ô ma souveraine toujours auguste ,
» je prie mes frères, qui sont placés, justement ou
» injustement, sous l'anathème pour le procès du
» traître Arnulfe , de souffrir avec patience que
» j'attende le jugement de l'Eglise, car l'église,
» qui m'a été confiée par le jugement des évèques,
» je ne veux pas l'abandonner sans le jugement
» des évêques. »
11 fallait un concile pour trancher la question.