‹ Vie de J.B.P. MolièreChapitre 114 sur 221 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

épicurien renonçât hautement à tontes prêt :entions Chapelle était l'enfant terrible de la maison II es un certain nombre d'anecdotes dont ce gai vivant est le héros, et dans lesquelles Molière figure aussi, mais toujours un peu à part comme ÏAriste, l'arbitre ou le pacificateur. lC'est un -rand triomphe pour Chapelle lorsque, dans son FpUre à M. de Jonsac, en rendant compte d un souper au Xret de la Croix de Lorraine, il peut dore que Mohere y but assez

Pour, vers le soir, être en goguettes.

On trouve dans les -Mémoires pour la Vie de Chapelle de Saint-Marc, beaucoup d'anecdotes où Mohere apparaît au Snde ses commensaux les plus ordinaires. Non. en reproduirons quelques-unes tout a 1 heure. Voil au admira Molière comme il n'admira personne presque en dépit de lui-même, et par entramen eut C ,est fe plus grand honneur du critique davoir sent, ^supériorité de ce génie, quoique ce géme n entrât pi* t ou entier dans les doctrines littéraires un peu étroites qu il sS foftes Il se déclara hautement et non sans cou- S comme nous l'avons. dit, à l'époque orageuse de fêcàle des Femmes. A partir de ce moment, 1 fit ., a; se commune avec Molière, envers et contre tous. Ce n es pas aue sa vue ne fût par moments troublée que son Cernent ne fût parfois déconcerté. Il a cède a une de les défaillances dans l'Art poétique; trop préoccupe de donner des lois au Parnasse, il a laisse malheureusement fléchir sa conviction. Mais, d'autre part, et dans «a v e et dans ses ouvrages, on trouve la preuve qu il entrevovat toute la vérité sur Molière. Il l'aurait même f o manient proclamée, si l'on en ^«K»»** Louis Racine dans ses Uèmotr*,; . Louis «payant demandé à Boileau quel étoit e plus rare des igr«uto écrivains de son siècle, Boileau lui répondit . « Sue c est « Molière. -Je ne croyois pas, reprit le monarque, mais « vous vous y connoissez mieux que moi. »

Cs avons déjà parlé de la sympathie qui existait entre Molière et' La Fontaine. Ils ne parafent pas

cependant s'être beaucoup fréquentes. Il est une circonstance où l'on a cru les apercevoir conversant ensemble à loisir. La Fontaine, composant son roman des Amours de Psyché et de Cupidon, qui parut en 1669, donna aux fabuleuses aventures de ses personnages un cadre très réel : c'est la promenade de quatre amis : Polyphile, Ariste, Acanthe et Gélaste, dans les jardins de Versailles. On a cherché naturellement à reconnaître ceux que désignaient ces noms tirés du grec. Polyphile, c'est La Fontaine sans aucun doute, Ariste, c'est Boileau, et Acanthe Racine, cela n'est guère douteux non plus. On a quelquefois voulu voir Molière dans le quatrième, Gélaste, ami de la gaité. défenseur de la comédie. Mais c'est une erreur manifeste. En 1664-1665, date où l'entretien est supposé avoir lieu, Molière était au beau moment de sa carrière, tandis que La Fontaine, Boileau, Racine, ne faisaient que débuter: il avait sa renommée acquise, sa faveur à la cour, sa position au théâtre. Or, dans le quatuor décrit par La Fontaine. Gélaste est ordinairement nommé le dernier; il n'a pas le beau rôle dans la discussion: il exprime des sentiments vulgaires et des idées médiocres. Si vous suivez les quatre amis dans leur di.-cussion sur le mérite comparé du pathéthique et du plaisant, du tragique et du comique, vous verrez que Gélaste est un bon vivant, n'ayant qu'une crainte, c'est que la douleur même feinte ne projette une ombre sur son esprit : « On ne se lasse jamais de rire, dit-il. On peut se lasser du jeu, de la bonne chère, des dames; mais de rire, point. Avez-vous entendu dire à qui que ce soit : « Il y a huit jours entiers que nous rions; je vous « prie, pleurons aujourd'hui? >

A quoi Ariste réplique : « Vous apportez des raisons si triviales que j'en ai honte pour vous. >

Vuus figurez-vous Boileau, presque inconnu, à vingtneuf ou trente ans, parlant ainsi à Molière qui en a quarante-trois ou quarante-quatre? disant un peu plus loin : « Vous êtes le plus frivole défenseur de la comédie que j'aie vu depuis longtemps, » à Molière qui a ait l'École des Femmes, le Misanthrope et le Tartuffe? Vous figurezvous Acanthe, c'est-à-dire Racine, à vingt-six ou vingt-

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