‹ Vie de J.B.P. MolièreChapitre 131 sur 221 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

ballets, ayant vu jouer le Britannicus de M. Racine, où la fureur de Néron à monter sur le théâtre est si bien attaquée...

Pour toute ambition, pour vertu singulière,

Il excelle à conduire un char dans la carrière,

A disputer des prix indignes de ses mains,

A se donner lui-même en spectacle aux Romains...

il ne dansa plus à aucun ballet , non pas même au temps du carnaval. »

Britannicus avait été représenté, pour la première fois, le 13 décembre 1669. Si Louis XIV avait dansé le 4 février 1670 dans le divertissement des Amants magnifiques, l'assertion de Boileau serait assurément contestable.

Mais il est douteux que le roi ait paru en personne dans ce divertissement. Il y était annoncé, pour ainsi dire; le livre de ballet indique que le roi fait les personnages de Neptune et d'Apollon. Il renonça au dernier moment à paraître en personne, et ne dansa que par procuration. Robinet et la Gazette sont obligés de revenir sur ce qu'ils avaient d'abord affirmé, et dès lors il n'est pas inadmissible que les vers de Britannicus aient été, en effet, pour quelque chose dans cette réserve.

A Pâques de cette année, quelques changements qui méritent d'être rapportés eurent lieu dans la troupe du roi ; Louis Béjart, âgé de quarante ans, prit sa retraite et reçut une pension annuelle de mille livres. L'acte, passé pardevant Mc Levasseur, notaire, rue Saint-Honoré, le 16 avril 1670, existe. Ceux qui ont pris part à cet acte sont : Molière, Armande Béjart, Madeleine Béjart, Debrie, \jiie Debrie, Geneviève Béjart, La Grange, Du Croisy, La Thorillière et André Hubert, composant la troupe du roi, qui, depuis le départ de Mlle Duparc, c'est-à-dire depuis 1667, comptait onze sociétares, y compris Louis Béjart. C'était la première pension que la troupe constituât. Quelques jours après, l'élève de Molière, le jeune Baron, qui avait quitté Paris depuis les représentations de Mélicerte, en 1661, revint et eut une part dans la société. Molière engagea, en outre, Beauval et Mlle Beauval, sa

femme, sortant de la troupe de campagne où Baron avait été enrôlé II leur donna une part et demie, a la charge de paver cinq cents livres de la pension de Louis Bejart et trois livres, chaque jour de représentation, a Ghateauneut,

gagiste de la troupe.

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