DEBRIE
Edme Villequin dit Debrie, était né à Ferrières-en-Brie, le 24 octobre 1607. M. Charles Constant, dans son opuscule Molière à Fontainebleau, donne l'acte de baptême de ce comédien : « Ce jourd'hui vingt quatre octobre, an que dessus, a été baptisé Edme, fils de Jehan Villequin et de Philiberte Vernet, qui a été nommé par Edme Vallon; le second parrain se nomme Roch Fatras, et la marraine Françoise Vernet. Fait le jour et an que dessus, signé : Dupré. » (Extrait des registres paroissiaux de Ferrièresen-Brie. année 1607.) Il était frère consanguin d'Estienne Villequin, peintre estimé, auteur d'un tableau de Jésus guérissant l'aveugle de Jéricho, qui est au musée du Louvre. On ne l'aperçoit positivement dans la troupe que lorsqu'elle rentra à Paris au mois d'octobre 1658; il avait alors cinquante et un ans.
Il paraît que, pour des causes qui ne dépendaient point, du reste, de cet acteur, Molière ne l'aimait pas. « C'est pourquoi, dit M. E. Noël, il ne lui donnait que des rôles de rien dans ses pièces : le bretteur La Rapière, dans le Dépit amoureux; le spadassin La Ramée, dans le Festin de Pierre; le maître d'armes, dans le Bourgeois gentilhomme. Ailleurs, dans des rôles de quelques lignes, Debrie sera toujours le plus fâcheux personnage : c'est ainsi, par exemple, que si Molière est Alceste, Debrie sera le garde de la maréchaussée; si Molière est Orgon, Debrie sera l'affreux Monsieur Loyal. Molière lui attribuait ces sortes de rôles parce que, sans doute, l'apparition du visage de Debrie lui causait toujours une impression fâcheuse, et que cela le rendait dans ses colères contre Monsieur Loyal et autres, bien plus vrai. Ainsi encore Debrie faisait le notaire dans l'École des Femmes, où, le voyant paraître, Molière se sauvait en criant :
La peste soit fait l'homme et sa chienne de face! »
Cette observation n'a peut-être pas grand fondement. Il mourut en 1676. Mention sur le registre de la paroisse Saint-André : le neufe jour de mars 1676, environ six
heures du matin, Edme Debrie, bourgeois de Paris, est décédé en sa maison, rue Guénégaud, et son corps a esté inhumé le lendemain. »