‹ Vie de J.B.P. MolièreChapitre 54 sur 221 · CHAPITRE V io · texte numérisé non relu

CHAPITRE V io

rnmédie de Gilbert intitulée la Vraie et la Fausse Pré- S que noUS ne connaissons pas, mais qui eut sans doute pour objet de faire ressortir avec éclat les mtenUons

r La d.Aue lui'» P^te une parole qui traduit h en le sentiment qu'il dut éprouver : « Jenai i plus que toe aurait, d'étudier Plante et Térence, nid ep ueher ps froments de Menandre : je n'ai plus qu'a étudier le les '>a-mentS U.f des prélieuses ridicules laisse percr sous un me Plaisante, la joie bien légitime du

te ompl e Comment, après tant de travaux et de luttes n aura i-U pas ressent! une satisfaction profonde en se vova,d enfin en position de donner carrière a son geme èt}d dtsputer à tant d'indignes rivaux la gloi^ou ricwblZnt jusque-là? Cette préface est, en effet une p face de conquérant. 11 salue »-c nue -ome .t rieuse « messieurs les auteurs, a présent ses «AM • Anartir de ce moment, nous allons voir, pendant près de freizè ans se succéder les chefs-d'œuvre avec une prodi-

*£E£Z* le vendredi sain, de cette année 1660. Loret en parle ainsi dans sa gazette :

Notre Démocrite Gaulois,

De la mort subissant les lois,

A pavé tribut à nature;

Et voici pour sa sépulture :

« Ici gît qui de Jodelet

Joua cinquante ans le rôlet

Et qui fut de même farine

Que Gros-Guillaume et Jean-Farine,

Hormis qu'il parlait mieux du nez

Que lesdita deuz enfannez.

U fut un comique agréable.

Et pour parler selon la fable, Par avant que Clothon, pour nous pleine de fiel, luï rav\ d'entre nous cet homme de théâtre,

Cet homme archiplaisant. cet homme archifolâtre. La terre avait son Home aussi bien que le ciel. »

Duparc (Gros-René) et Mlle Duparc, après une année passée au théâtre du Marais, rentrèrent, à Pâques, dans la troupe de Monsieur.

Le 28 mai. pendant que la cour était toujours dans le Midi, Molière fit représenter, sur le théâtre du Petit- Bourbon, une comédie en un acte et en vers ayant pour titre : Sgànarelle ou le Cocu imaginaire. Après avoir si rudement flagellé l'affectation et la périphrase, Molière donne une leçon de franche gaieté et de franc langage; il fait succéder la démonstration, pour ainsi dire, à la critique.

On a reproché à Molière de n'avoir pas continué à marcher dans la route où il venait d'entrer; quelques critiques auraient voulu qu'il donnât après les Précieuses ridicules un autre tableau satirique des mœurs contemporaines. On peut répondre qu'il n'eût pas sans doute été prudent de faire suivre immédiatement cette première agression d'une autre pareille ; que l'irritation soulevée par les Précieuses ne fut pas sitôt apaisée, et qu'il y avait d'excellentes raisons pour que le comédien ne se pressât point de s'attirer de nouveaux ennemis. Molière n'était pas encore assez solidement établi pour n'avoir plus rien à craindre. Que serait-il arrivé, par exemple, s'il eût produit tout de suite la comédie de l'École des Femmes? Sa carrière aurait été probablement interrompue, et pour toujours. Il n'était pas homme à compromettre ainsi sa destinée et à risquer d'être arrêté au premier pas. comme le fut à Rome le comique Naevius. Il savait qu'il avait besoin, pour la lutte qu'il engageait, d'autant d'adresse que d'audace. Après ces créations, qui provoquaient des hostilités sourdes ou des oppositions violentes, il a toujours soin de retourner à la fantaisie comique ; il sépare entre elles les œuvres d'une haute portée et d'une actuelle et périlleuse satire par des œuvres qui ne peuvent soulever les mêmes récriminations, et qui lui restituent le rôle d'amuseur public qu'il n'entend pas abandonner. Molière est 00 éminent stratégiste : c'est là un des côtés les plus frap-

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