‹ Vie de J.B.P. MolièreChapitre 76 sur 221 · CHAPITRE VII i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII i

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„ Nous ne dons pas .estuet.ement, nous résumons la pensée de l'auteur des Points obscurs.

17 i VIE DE MOLIÈRE

Examinons les objections qu'on élève pour ne point accepter les données résultant clairement des actes officiels. La plus sérieuse, sans contredit, se fonde sur l'âge de Marie Hervé. L'acte d'inhumation de Marie Hervé (9 janvier 1670) lui donne quatre-vingts ans à cette date. Donc à la fin de 1642, au moment où elle donna le jour à Armande, elle aurait eu cinquante-deux ans. C'est là une maternité bien tardive.

D'abord on sait bien que l'âge indiqué dans les actes mortuaires n'est souvent qu'approximatif: on n'y regardait pas de si près; on inscrivait volontiers des chiffres ronds. Les témoins qui signèrent l'acte mortuaire, son gendre Léonard de Loménie, sieur de Villaubrun, et son fils Louis l'Éguisé, peuvent fort bien avoir donné à Marie Hervé quelques années de plus qu'elle n'en avait réellement. Dans un recueil des Epitaphes de l'église, charniers et cimetière de l'église Saint-Paul, à Paris, cité par M. l'abbé Valentin Dufour (11. on lit la mention suivante : « Damoiselle Magdeleine Béjard, voulant donner à sa mère encore après sa mort, des marques de reconnoissance qu'elle a de son amitié et des soins qu'elle a eus d'elle, a fait poser cette tombe cy-dessous, suivant les conventions faites avec MM. les marguilliers. Priez Dieu pour le repos de son âme. — Ci gist le corps de Marie Hervé, veuve de honorable homme Joseph Béjard, décédée le 9e janvier 1670, âgée de 75 ans. » Pour une inscription gravée sur la pierre, on doit croire qu'on a cherché à donner la date précise. Ainsi Marie Hervé n'aurait pas eu cinquantedeux ans lorsqu'elle donna le jour à Armande, mais quarente-sept ou quarante-huit, ce qui n'a plus rien d'extraordinaire.

Je sais bien que les critiques qui ont échafaudé le roman des machinations criminelles des Béjard expliqueront aisément cette date de la pierre tombale par une dernière manoeuvre de Madeleine, craignant d'éveiller les soupçons sur les fraudes antérieures. Mais on abusera tant de ces explications systématiques que tout le monde s'en moquera.

(1) Voyez l<i MoUèriste. mai 18S3; p. 51.

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